Je me garderai bien d’avoir un avis tranché sur la question, mais je constate simplement que la façon dont les faits ont été relatés a beaucoup évolué au cours de la journée d’hier. J’ai un peu de mal à comprendre que l’on prenne le parti de ce professeur sans avoir tous les détails de ce qui s’est produit dans cette classe. Sans avoir besoin de tenir compte du fait que le professeur en question aurait ou pas bu un verre ou deux, il me semble qu’entre une gifle qui "part toute seule", comme réflexe à une agression -fût-elle verbale s’en est une- et le fait de tenir un gosse par le col après avoir balayé ses affaires sur sa table, si c’est bien comme cela que ça s’est passé, il y a une grosse différence... Je ne dis pas que je n’en serais pas capable, ou que cela ne m’a pas démangé moult fois. Mais il y a une différence entre un "réflexe" et ce qui nous a été décrit ici.
Concernant ce que vous développez, M.Villach, à propos des syndicats qui ne soutiendraient pas leurs collègues, ou à propos des directions d’établissements qui elles aussi tairaient les problèmes, je suis en désaccord. Envisager le problème uniquement sous cet angle est partisan. Vous avez cité de nombreux faits. Je peux en citer encore davantage sans avoir à chercher bien loin, où, à l’inverse, les établissements couvrent à tout prix les agissements de certains collègues pour ne pas faire de vagues. Car il s’agit avant tout de cela, dans un cas comme dans l’autre. Et ce n’est pas toujours à l’encontre des professeurs, même si cette attitude, dans tous les cas va à la fois à l’encontre de l’intérêt des élèves et de celui des personnels.
Combien de profs ne mouilleront pas leur chemise quand un membre de l’équipe chargée du nettoyage dans les couloirs se fait insulter ? Ou quand un surveillant est mollesté ? Beaucoup trop. Combien se moquent de ce qui se passe dans les couloirs à partir du moment où leur cours est fini, parce que "hein, bon, chacun son métier et ses attributions"... C’est également une réalité, guère plus glorieuse.
Alors, oui, j’ai tendance à trouver plus que pénible que les profs se voient pointer du doigt au moindre problème comme étant ceux qui ne font pas leur travail, ou ceux qui en banlieue n’attendraient que de pouvoir partir (j’aimerais à la fois y voir ceux qui se permettent de juger ce besoin bien légitime de souffler, et les voir constater à quel point les établissements de banlieue regorgent aussi de gens investis au plus haut point dans l’intérêt de leurs élèves, compétents, en évolution constante - bordel !!!). Je passe sur les profs "jeunes" forcément moins aguerris, moins impliqués et moins aptes... ce qui est tout relatif. Oui, les syndicats ne font pas toujours leur travail. Oui, la hierarchie de l’éducation nationale est souvent défaillante, mais il ne faut pas verser dans l’angélisme. Les profs ont une part de responsabilité dans la situation.
Dans un des premiers commentaires, quelqu’un soumettait l’idée d’une grève de la discipline. Il y a plus efficace pour rester dans cette idée qui n’est pas mauvaise : la grève du zèle. Passer par-dessus la hiérarchie qui voudrait justement que tout se règle intra-muros (ce qui est souvent cause de bien des dysfonctionnements et n’est pas à souhaiter comme certains commentaires y invitent ici, à mon avis). Porter plainte à la moindre insulte, ne pas se contenter de faire un rapport quand un élève vous menace. Bref, refuser de rester seul face à ce problème qui concerne toute la société, pour qu’enfin on daigne se rendre compte des proportions que prennent les agressions dans nos établissements scolaires.
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