Il y a beaucoup de subjectivité dans la paupérisation des européens.
Disons tout de suite que la conclusion de l’auteur est à côté des enjeux. L’égalitarisme à outrance n’est pas un objectif à suivre et n’apportera aucune solution, surtout lorsque comme le suggère l’auteur, on veut l’appliquer à des systèmes socio-économiques aussi disparates que l’Europe et le tiers-monde. A vouloir faire l’égalité à cette échelle, l’auteur devrait se rendre compte que nos "pauvres" sont des milliardaires à côté des chinois et nos 10% de plus pauvres vont devoir diviser encore par 10 leurs revenus pour atteindre enfin l’égalité tant souhaitée. Voie sans issue donc.
C’est vrai que les magasins sont pleins, que le parc automobile est quasiment neuf et que les placements boursiers ne cessent de croître. D’un autre côté force est de constater que la qualité chute à grande vitesse. A qualité égale, combien de paires de chaussures ou de chemises peut s’acheter une secrétaire aujourd’hui et combien il y a 20 ans ? Je vois dans les magasins des chaussures à 175 euros qui sont la copie de ce que portaient les lycéens comme chaussure de tous les jours il y a 30 ans. Pour le tissus n’en parlons pas, on est vêtu avec des chiffons dont un ouvrier n’aurait même pas voulu pour cirer ses souliers.
Peut-être que le bien qui nous manque le plus est la place, tout simplement. Il n’est pas normal que les jeunes doivent se regrouper à plusieurs colocataires pour habiter 60m2. Il sont certainement plus mal lotis que leurs ainés. On en arrive à s’endetter sur 30 ans pour acheter un petit logement et de moins en moins de jeunes ont la possibilité d’avoir un chez-soi.
Du côté de l’auto une règle simple voulait qu’on s’achète son auto en 4 mois de salaires. Le pauvre achetait une Dauphine, le gérant de société une Mercédes. Aujourd’hui il me semble qu’on serait plutôt passé à 8 ou 10 mois. Comme l’endettement a beaucoup augmenté j’ai envie de dire que les gens sont plus pauvres et utilisent le crédit pour vivre plus à court terme, ce qui résulte dans ces dépenses de petites choses inutiles et amusantes qui donnent un faux air de richesse.