Une des réformes les plus efficaces de Margaret Thatcher a été la vente des locaux sociaux aux locataires à des prix sacrifiés. Cela a été un coup de génie qui a eu l’effet de totalement désolidariser ces nouveaux propriétaires de cette classe ouvrière à laquelle ils revendiquaient avant cela leur appartenance. Conjuguée à une amélioration du niveau de vie sur le plan matériel, si ce n’est sur celui de la qualité, et si l’on fait abstraction de tous les laisser-pour-compte engendrés par notre système de concurrence, combien de gens ont aujourd’hui en France un véritable sens de solidarité, en cela qu’ils comprennent l’expérience, et le vécu des plus défavorisés.
C’est pour cela que je ne suis pas sûre, comme le dit l’auteur, que les dernières élections soient une sanction à l’égard de l’action ou de l’inaction du gouvernement, mais plutôt une manifestation de dépit devant le fait que des promesses divisives n’aient pas été tenues. Car en fait, si l’on prend la relance économique, elle devait nécessairement passer par un dégraissement de la fonction publique, et donc le limogeage de fonctionnaires ; en plus de quelques cadeaux offerts aux plus privilégiés. Du contrôle de l’immigration, dépend paraît-il notre sécurité etc etc.. toute la politique actuelle s’articule autour de la désolidarisation, et si je pouvais vraiment être convaincue que c’est contre cela que les français ont voté, je serai un peu plus optimiste.