« Je cherchais des faits et non pas des jugements. Je laisse ceux-ci aux historiens, seuls à avoir les connaissances et la compétence de faire un jugement là-dessus. »
Il me semble que c’est une erreur. Que vous renversez les rôles par rapport à ce qu’il convient de faire.
L’historien est un scientifique. C’est à lui qu’il revient d’étudier les faits, d’analyser comment ils sont liés entre eux, comment ils s’enchaînent, et de présenter tout ça au lecteur, sans dire à aucun moment « c’est bien » ou « c’est mal ». Le jugement moral n’est pas du ressort de l’historien.
Je pense que c’est au lecteur, avec son sens moral, et à partir des faits et des explications que lui présente l’historien, de porter un jugement moral, de dire s’il juge que telle politique, telle action, tel comportement a eu des conséquences globalement positives ou globalement négatives. Ce jugement n’est pas facultatif : il doit être porté, car s’épargner de juger les politiques passées, ce serait refuser d’en tirer expérience pour les politiques futures.