@ wrysia
Merci pour cette vision tempérée. Ce fil en avait besoin. J’ai voulu souligner l’amnésie de la classe artisto-médiatique à vouloir nous faire la leçon et réinventer l’eau chaude dès qu’elle ouvre un nouveau robinet à pluie d’or. Le problème des goumiers et des supplétifs remonte loin dans notre histoire. Mais il est à mettre en parallèle avec celui des harkis, et je m’étonne qu’aucune bonne âme, empressée à défendre les uns, n’ait même pas mentionné les autres. Peut-être pensent-elles comme George Frèche que ces « engagés derrière le drapeau français » et qui eux aussi ont fait le « sacrifice » de leur vie, étaient et demeurent des « sous-hommes » (sic).
J’ai voulu montrer que la thématique des goums a été traitée par des historiens de valeur et donc que ce ne sont pas les oubliés de l’histoire comme on le proclame. Je cite desréférences incontestables et non des colloques commandés par le pouvoir officiel marocain. Autant demander à Sarko de nous faire l’histoire de Mantes la Jolie.
Je vois que la vérité blesse toujours autant. Une fois dans un camp, et l’autre fois dans l’autre. J’aime en débusquer les pires travers. Il est significatif à ce sujet qu’un intervenant ait écrit, à propos de la phrase de Jacques augarde devant le jeune engagé « volontaire » : « vous êtes extraordinaire ! » que ça lui rappelait Tintin au Congo... Je trouve toujours futile cette propention à juger l’autre sur la moindre de ses pensées, sans jamais essayer de se mettre dans sa peau. Ce genre de commentaire démontre la suffisance de ceux qui jugent tout à l’aune de leurs étalonnage de bonnes intentions. Et je me dis souvent que j’aurais bien aimé les voir durant la colonisation. Je suis quasiment certain qu’ils auraient été les premiers à faire « suer le burnous ».
Pour ce qui est des indemnisations, je vais essayer de préparer un autre texte sur le sujet, car je pense qu’il convient de déconnecter mémoire et indemnisation. pour moi, il n’y a pas de « pension de la mémoire », mais des pensions pour participation à des faits de guerre.
Bien à vous et encore merci pour cette modération.
Patrick Adam