@ zen
Encore une de tes remarques percutantes qui font pschitt... Généralement c’est le matin de bonne heure que ça te prend. J’imagine que c’est un rituel perso et je le respecte.
Tu n’as donc jamais réfléchi au fait que les images d’Epinal que tu décries du haut de ta splendeur himalayenne sont celles qui ont fait longtemps les cours de civisme de la IIIème République, avec le bonheur que l’on connaît. Bien sûr, toi tu préfères peut-être te scotcher devant « Plus belle la vie ». C’est ça nos images d’Epinal d’aujourd’hui. Tu ne t’interroges donc jamais pour savoir si ta zenitude ouatée ne se perd continuellement dans la nébulosité et l’inconsistance aussi gratuite qu’inefficace ?
Mais parle-nous donc plutôt de la REALITE du terrain que tu as l’air de bien connaître puisque tu la juges « moins avantageuse pour l’image de notre République d’alors ». Je suis et je serais toujours preneur de tout argument tant qu’il est étayé.
Tiens, moi le matin, tu vois, je suis plutôt du genre à faire des cadeaux, alors je t’en fais un, en sachant que tu n’auras même pas la politesse d’en accuser réception, car ça aussi, ça fait partie des rituels de ta splendeur et de ta zén-attitude : le dédain de celui qui lévite en évitant les basses contingences. C’est un extrait d’un ouvrage paru en 47, intitulé « Le radar à l’ombre de la mosquée ». L’auteur Jean Bardanne raconte une rencontre avec un jeune intellectuel marocain qui lui dit d’un ton dédaigneux : « Croyez-vous que votre magnifique système routier intéresse le fellah marocain ? Les routes goudronnées sont très fatigantes pour les chameaux ; et les hommes, s’ils ne veulent pas se faire écraser avec leurs bourricots, doivent marcher hors de ces routes pour lesquelles ils payent des impôts. » Quand on sait que ce sont ces hommes qui ont pris les commandes du pays après l’indépendance on comprend mieux l’értat dans lequel il se trouve encore aujourd’hui.
Bonne journée là-haut. Patrick Adam