@ Marsu
Oui t’as raison. Le silence infini fait partie intégrante de ce « sans limite » qui s’étale autour de toi. Le désert, c’est un horizon qui fuit devant toi, et toi qui cours après. Le désert ne peut se vivre que seul. Il m’a fallu pas mal de temps pour comprendre ça, mais maintenant je sais.
Il m’est arrivé souvent de m’aventurer seul en plein désert. Un jour, je me suis bricolé un campement baroque entre les branches grimaçantes d’un acacia et j’ai eu l’impression que cet arbre m’avais choisi. Avant de partir, j’avais fait une réserve en eau et quelques provisions. Je me suis installé sans savoir combien de temps j’allais rester. Le matin, je partais explorer les environs, et le soir je vivais une extraordinaire jouissance à l’idée de regagner mon campement, seul. J’ai tenu quatre jours comme ça. Quand je suis rentré à Smara, on m’a pris pour un fou.
Patrick Adam