Peu importe les interprétations que l’on veut faire de la génétique et de ses lois. Avec les interprétations on entre dans le domaine des jugements de valeurs et des fantasmes idéologiques.
Peu importe également le vocabulaire, chacun pourra employer le vocabulaire qui lui semblera le plus convenable.
Il n’en demeure pas moins qu’il est parfaitement faux de dire que l’évolution c’est arrêté le jour de l’apparition d’Homo sapiens il y a 150,000 ans environ. Et encore plus faux de dire qu’elle va brusquement rebrousser chemin.
Aujourd’hui la pression sélective s’exerce sur notre espèce comme elle l’a toujours fait. Avec deux éléments nouveaux toutefois :
1) Elle s’exerce sur une population considérable : 6 milliards d’individus. Et le nombre des mutations génétiques qui se produisent à tout instant dans une telle population est nécessairement beaucoup plus important que le nombre des mutations qui apparaissaient dans une population de quelques centaines d’individus il ya 150,000 ans.
2) De plus, la pression sélective qui s’exerce ensuite sur ces mutations est beaucoup plus intense qu’autrefois.
Car autrefois les causes de la pression sélective provenaient seulement de l’environnement physique dans lequel vivaient les hommes et cet environnement ne se modifiait qu’à l’échelle des temps géologiques. C’est à dire très lentement.
Tandis qu’aujourd’hui c’est l’homme qui modifie lui-même l’environnement physique, mais aussi culturel, dans lequel il baigne. Et cet environnement est modifié de plus en plus vite, car cette fois l’échelle de temps est l’échelle des temps historiques.
Nous avons donc un plus grand nombre de mutations, dans une population considérable, qui passent au crible d’une pression sélective plus intense. Et le résultat ne peut être qu’une dérive génétique de plus en plus rapide entre les populations humaines.