Le candidat du « si c’est utile » ne parvenait pas à décoller dans les sondages. Ses anciens partisans, tous candidats ou presque, se refusaient au désistement en sa faveur. Enfin, fait récent décisif : Ségolène Royal annonçait lors de sa visite au Sénégal qu’elle irait jusqu’au bout de sa candidature. Alors, l’homme que l’on sait responsable et soucieux de ne pas renouveler la défaite de 2002, a fait le choix de se retirer. Le voilà maintenant prêt à repartir pour l’île de Ré pour une retraite définitive et d’ailleurs méritée.
Mais si les sondages pour Jospin peinaient à décoller, on peut en dire autant du débat de fond de la campagne pour les Présidentielles. Nous n’avons eu droit jusqu’à présent qu’à des mises en scène médiatiques de Royal et Sarkozy. Les grands sujets ne sont traités que de manière opportuniste -délinquance juvénile, immigration, carte scolaire...- et toujours avec un retentissement savamment préparé à coups de petites phrases provocantes et sans lendemains.
On sait que ce n’est pas le style de Lionel Jospin. Cet homme d’expérience du pouvoir, ancien Premier ministre pendant cinq ans (exploit de durée valant d’être souligné), auteur d’un livre référence « Le monde comme je le vois », peut-il jouer encore un rôle dans cette campagne ? Sans aucun doute ! Ne serait-ce qu’en venant rehausser le niveau, forcer au débat.
Le 30 août dernier, Monsieur Jospin écrivait son premier message sur son blog bien tardif : « À la veille d’échéances majeures pour notre pays, ma conviction est que la responsabilité des hommes et des femmes politiques est de se prononcer sur les grands problèmes de la France et du monde, d’en exposer clairement les enjeux, de dire : voici mes idées, voici nos idées, je souhaite qu’elles aillent à votre rencontre et que nous puissions les partager. En effet, il faut, à partir de positions aussi claires et articulées que possible, permettre aux citoyens de juger pleinement au moment des élections. C’est l’essence de la démocratie politique. »
Alors ! Et si l’homme de Ré nous donnait le « la » d’un véritable débat ?