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Voltaire 14 mai 2008 14:05
Voltaire

L’article est divisé en deux parties fort différentes :

- sur la question de l’appartenance d’un blogger à un site de blogger "de gauche", j’éviterais de commenter un évènement qui a l’air très spécifique, pour indiquer simplement que le clivage droite-gauche est considéré comme dépassé par plus de la moitié de la popularion, et que classer les citoyens en fonction de leur droitisme ou de leur gauchislme me semble assez archaïque

- sur le fond du positionnement du mouvement démocrate et de François Bayrou, plusieurs éléments semblent mélangés. L’auteur reprend quelques unes des propositions de F. Bayrou pour appuyer son argumentation en faveur d’une appartenance à la droite de celui-ci. Sur la base des programmes des différents candidats, on pourrait tout autant placer Nicolas Sarkozy à gauche ou Ségolène Royal à droite ; il suffit de sélectioner quelques propositions ou déclarations. Quant au MoDem, l’auteur fait à mon avis une erreur fondamentale d’analyse, simplement parce qu’il est demeuré dans sa vision du clivage droite-gauche qu’il considère comme renforcé.

En réalité, le paysage poltique français n’est plus depuis longtemps divisé selon cet ancien clivage : on distingue plusieurs modèles de société, que je qualifierait ici brièvement :

- le modèle néoconservateur ; c’est celui du président actuel. Il est fondé sur le modèle conservateur américain, pronant un libéralisme économique important, la valeur travail, certaines valeurs morales religieuses, et un interventionisme d’état sélectif.

- le modèle gaulliste ; c’est celui d’Alain Juppé ou de Dominique de Villepin. Il est centralisateur, relativement libéral économiquement, laïque. Il est minoritaire à l’UMP.

- le modèle démocrate ; c’est celui de François Bayrou ou de DSK Il est à l’image des démocrates américains, ou des sociaux démocrates nord-européens. Il est décentralisateur, relativement libéral économiquement, laïque, plus stricte sur les finances publiques que le modèle gaulliste.

- le modèle socialiste "à la française". Il est centralisateur, plutôt étatiste, laïque. Il est assez proche de celui des Verts.

- le modèle "Royaliste". Celui-ci, de S/ Royal, est assez flou, mais il se rapproche du modèlme démocrate, tout en ayant des valeurs morales conservatrices.

- le modème anti-libéral, illustré par O. Besancenot. Il est centralisateur, anti-libéral, étatiste mais avec une dose d’auto-gestion, laïque.

Le modèle nationaliste d’extrême-droite subit actuellement une forte décote, et est en fin de cycle ; il pourrait renaitre sur une base différente dasn un contexte anti-mondialisation. Quant au modèle "centriste" ou chrétien-démocrate, que l’auteur prend comme référence pour F. Bayrou et le MoDem, il est aussi largement dépassé, y compris au MoDem, ce qui explique le peu d’influence de ses membres à l’UMP.

Ce que l’auteur semble avoir omis, c’est que le changement profond de notre société a aussi eu un impact sur l’idéologie des partis politiques. Très naturellement, la réponse de ceux-ci à cette évolution a provoqué ce dépassement du clivage droite-gauche. C’est parce que Nicolas Sarkozy, et dans une moindre mesure François Bayrou, ainsi qu’Olivier Besancenot, proposent une vision politique plus en phase avec la société qu’ils ont marqué des points, tandis que le PS manquait de second souffle et de rénovation de sa vision.

 



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