Toujours si facile de se mettre à la place des morts et de les faire penser ou réagir pour servir ses piques...
Précisez les choses : mon admiration "pour l’homme privé", l’homme public, je l’ai suffisamment passé au vitriol dans mon Journal pamphlétaire :
Quelques extraits :
- 14 septembre 1991 : "François Mitterrand a donc dépassé le Général de Gaulle dans la longévité du pouvoir présidentiel. Complexe personnalité faite d’arrivisme passionné, d’intelligence efficace et d’un sens tactique incontestable ; on peut toutefois douter de sa légitimité fondamentale, au-delà des urnes. Rides et expérience n’imposent pas le respect si le parcours ne révèle pas une qualité de fond. Certes le chenu Fanfan possède la puissance allouée par la première place dans la hiérarchie républicaine, mais il n’y a pas là de quoi s’agenouiller." (http://journal-pamphletaire.blogspot.com/1992/03/septembre.html)
- 4 février 1992 : "Le Président Fanfan, frais comme un gardon malgré l’attaque de la maladie, est passé ce soir sur le petit écran. Face à lui Henri Sannier et Patrick Poivre d’Arvor, deux mastodontes du Vingt Heures, s’essayent aux titillations du Président. Raison d’être du tableau : la venue de l’infréquentable Habache, « terroriste à la retraite » comme nous l’a peint le Dieu croûton. Fanfan est visiblement irrité par le tintouin des manieurs de plume sur cette Affaire dernière cuvée. L’entretien avec les deux hommes de télévision est tendu, truffé de sous-entendus, parsemé de pics vengeresses ; tout cela pour un résultat bien maigre au goût des commentateurs zavertis : convocation vendredi du Parlement en session extraordinaire. Dans ce fatras indigeste, il n’apparaît pas illogique qu’un Mitterrand accueille un Habache (« Qui se ressemble s’assemble » dit la sagesse populaire).
Une seule chose me chagrine : le sentiment de trahison ressenti par nombre de victimes des attentats de 1985 et 1986. Pour le reste, cela fait belle lurette que les représentants de l’Etat, nichés dans ses différentes institutions, ont perdu l’essentiel de ce qui favoriserait la réaction salutaire face à la gravité de certaines situations. (http://journal-pamphletaire1992.blogspot.com/1992/01/fvrier.html)
- 13 mai 1994 : "Fanfan Mité nous a fait partager son Happy Birthday présidentiel. Sacerdoce de treize années : rien n’a entamé la vivacité de son rapport au monde. Plus soucieux que jamais des traces qu’il laissera dans le beurre de l’histoire, il peaufine son dernier acte et s’étire avec dextérité entre paternalisme bienveillant et machiavélisme sous-jacent.
L’homme a su satisfaire jusqu’au tréfonds son ambition politique, s’accordant un septennat bis en assumant les contradictions de cette longévité présidentielle. Pour résister aux coups de boutoir quotidiens, aux tentatives de sabordage de son système, aux dénonciations en rafale des noirceurs de son labyrinthique passé, il a parfaitement intégré les propriétés de la toile cirée. L’esprit agile, le caractère déterminé, Fanfan s’est imperméabilisé : et s’écoulent les éclaboussures...
La fin de son immanence se déroule dans la plus confortable des situations : une cohabitation avec le doux Balladur. En mai 95, il quittera son antre, auréolé par une bonne moitié de citoyens" (http://journal-pamphletaire1994.blogspot.com/1994/01/mai.html)
Je ne renie rien de ce que j’ai écrit, mais cela ne m’empêche pas d’avoir été touché par la narration de ses derniers jours, et par la façon dont ses proches parlent de lui. Contrairement à certains (ou certaines) je ne suis pas monobloc dans mon approche des êtres.
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