@ zen
Figure toi que cette question je l’attends depuis quatre jours. Alors, tu peux me la poser sans risque et même sans faire de lévitation autour. Non, je n’ai pas vu le film. Et je ne pense pas aller le voir. Et ça, pour deux raison, la première est que je vais rarissement au cinéma (je ne suis pas - ou plus - amateur), la seconde c’est que, bien qu’en France en ce moment, tout ce que j’en ai vu à la télé (les interwievs, les bandes annonces et surtout, le matraquage par la brochette des héros) m’en aurait définitivement dissuadé si j’avais eu quelques vélléités.
Alors, effectivement, la question se pose, sereinement : peut-on parler d’un film qu’on n’a pas vu ? Ca ne serait pas des fois comme parler des anges (et de leur sexe) ou bien des djins... Rassure-toi, je plaisante. Je crois que, mises bout à bout, les interventions du réalisateur et celles des acteurs que je me suis tapées, doivent être de l’ordre d’une bonne heure, si ce n’est plus. Or, paradoxe suprême, ou révélation, rien, je dis bien rien ne m’a donné envie de voir le film. Pire, tout ce que j’ai vu ou entendu m’en a dissuadé, car vois-tu, sans être expert, il s’avère que l’histoire des goumiers, je la connais quand même un peu (notamment à travers mon contact avec Jacques Augarde), et encore, jusqu’à présent je me suis retenu de raconter ici (question pudeur) mes contacts perso au bled avec nombre d’entre eux, dont un de Smara à qui, il y a déjà quatre ans, j’ai fait obtenir une substantielle pension qui, crois-moi, lui a drôlement changé la vie.
La façon dont le réalisateur a présenté son film m’horripile. J’y peux rien, c’est physique. Et la façon dont Debbouze se présente là-dedans encore plus (surtout quand on sait comment il se comporte à Marrakech). Sans parler que d’en faire un combattant, franchement, c’est pas crédible. Quand je l’ai vu en haut d’une colline planter d’un bras un drapeau français immaculé, pétant de couleurs et sans une égratignure (le drapeau), je n’ai pas eu envie de rigoler, mais j’ai pensé : quelle belle fumisterie !
Et pour ce qui est du réalisateur, pour moi, venir à la télé en claironnant que ce film est la répararion d’une injustice et d’un silence, est une authentique imposture, donc une manipulation. Et il est évident que le mec, s’il a fait son boulot pendant cinq ans pour nous sortir simplement ce qu’il est venu nous dire pendant une semaine, c’est qu’il avait de sacrées oeillières, ou bien qu’il a soigneusement étudié son marché de la « beuritude » avec sortie les premiers jours du ramadan...
Voilà. Je comprends qu’intellectuellement ça ne puisse pas satisfaire tout le monde, mais je m’en porte bien. Figure-toi qu’avant de commencer mon texte, j’avais quand même bien réfléchi à cet aspect de la question. Comme tu vois, ça ne m’a pas retenu.
Patrick Adam