@ wrysia
En ce qui concerne les deux tarifs affichés dans certains monuments historiques, je ne contexte pas qu’un effort doive être fait pour encourager les Marocains à fréquenter leur patrimoine, mais c’est la méthode qui me paraît des plus critiquables. Imaginons suelement un instant ce qu’un tel écriteau pourrait déclancher chez nous comme mouvements d’indignation... Et on l’accepte sans rien dire chez l’autre.
J’ai souvent discuté avec des amis de l’idée de marchandage qui se pratique dans leur pays. On m’a dit quelquefois qu’il était sousjacent à une forme de compétition entre acheteur et vendeur pour que chacun puisse se dire qu’il a vaincu l’autre ; en lui arrachant quelque chose. Aller au souk est bien souvent le cauchemar des résidents étrangers et des MRE. Les touristes s’en accomodent un temps car ils pensent ainsi sacrifier à une tradition locale, mais ainsi que je le mentionne, le pays reste le dernier au monde en terme de retour... J’ai un ami vendeur de cuir dans la zone touristique d’Agadir. Il a honte d’annoncer les prix que son patron lui donner l’ordre d’indiquer aux touristes. La première fois que j’ai visité Essaouira, on angeait des sardines grillées sur le port pour 1,50 €, au milieu de la population locale. On s’asseyait devant des tables brinquebalantes et après le repas on s’essyait les mains dans une serviette « collective » qui tenait débout toute seule. Aujourd’hui, les touristes sont parqués dans des zones « protégées ». Les sarines valent 10 € au tarif officiel et parfois le vendeur se trompe en rendant la monnaie.
A Smara, je vois souvent les femmes aller acheter de la viande. Il faut savoir qu’ici, il existe une viande subventionnée (du buffle d’eau d’Asie qu’on appelle gamous, qui est proprement infect et qui empoisonne les trois quarts de la population). Tout le monde connaît le prix de cette viande mais les femmes continuent de gratter un dirham ou deux. Ce n’est pas une question d’argent comme on voudrait nous le fairecroire. Non, c’est un acte fondamental d’existence, de suprématie sur le vendeur pris comme un serviteur. C’est à peu près la même attitude que je décrivais dernièrement en ce qui concerne un patron qui ne veut jamais donner la totalité de ce qu’il doit à son ouvrier.
Je suis né dans un pays, le Roussillon, qui, jusque dans les années 70, avait tendance à se laisser aller à de telles pratiques en période estivale. Il n’a fallu que deux campagnes de sensibilisation auprès des commerçants pour corriger le tir. Ce que je trouve extraordinaire concernant le Maroc et le Maghreb en général c’est que tout le monde est d’accord depuis longtemps sur l’impact négatif de cette arnaque institutionnalisée et qui est parfaitement décrite dans tous les guides touristiques, mais personne ne fait quelque chose pour en modifier le cours. Mektoub !.. Oui, mektoub pour dans mille ans encore...
Patrick Adam