@ au nid de vipères à cornes qui sifflent sur nos têtes
Et voilà la tanjayène à la croupe fuyante qui s’en va faire sa tannière dans la kasba déglinguée, là on trouve les plus beaux nids de vipère de tout le pays... Ibn Khaldûn parlait des tribus qu’AbouYusuf Yaqoub a fait entrer au Maroc au débtu du XII èeme pour asseoir son pouvoir face aux Abdelwaouides de Tlemcen. Les historiens arabes qui racontent les dernières années de son règne évoquent un testament politique qu’il aurait laissé à ses fils, dans lequel il exprimait différents regrets dont : celui d’avoir amené les Arabes (appelés aussi Turcomans) au Maroc.
L’arabisation effective des structures politiques du Maroc, au nord du pays et plus particulièrement dans la région de Fès, commença au temps d’Idris II (début IXème siècle) qui fit venir d’espagne ou d’Ifriqya (actuelle tunisie) une garde personnelle de 500 cavaliers arabes.
Les Beni Hilal et les Beni Soleim, sont deux tribus bédouines cantonnées en Haute Egypte que les Fatimides ont envoyés en 1050 sur l’Ifriqya qui s’étendait alors sur une bonne partie de l’Algérie actuelle pour « calmer » les révoltes berbères. Arrêtés à Sétif (1152) par le fondateur de la dynastie berbère et marocaine des Almohades, ils se replièrent dans la région de Kairouan, mais la Tunisie fut conquise en 1159. Vainqueur des Fatimides, Abd el Moumen, les persuadade le suivre pour faire la guerre sainte en Espagne. Sur le chemin du retour, il furent surpris, à El-Karn, par 20 000 cavaliers commandés par les fils révoltés d’Abd el Moumem. Les chroniqueurs arabes de l’époque prennent le soin de souligner qu’après cette bataille, leurs ossements furent réunis en un tas « qui se voyait de loin et qui subsista longtemps ». Les femmes et les enfants furent amenés à marrakech. C’est à la suite de ces évènements qu’Abd el Moumen a commencé d’installer de petits goupes arabes au Maroc. Ces tribus n’ont pas « envahi » le Maroc. elles y ont été introduites, et Ibn Khâldun rapporte fort honnêtement que les Marocains s’en sont mordu les doigts.
PS - Pour ce qui est de mon impression d’avoir vu un barbare saoudien mettre dans son lit une belle égyptienne (entre deux bouteilles de whisky) j’ai surtout été étonné de me voir ainsi projeté dans un feuilleton égyptien ou syrien où l’on voit les émirs du Moyen Âge exhiber leur butin de guerre. Et pour ce qui est des touristes qui se voient condamnés de marchander un tour à dos d’âne, ils ne font que suivre les pieux conseils qu’on donne dans tous les guides concernant le pays (Routard, Petit Futé, Lonely Planet) où l’on enseigne aux malheureux « aventuriers » qu’ils mettent le pied dans un pays où tout achat est une lutte dont ils risquent de ressortir tout dépenaillés...
Mais un doute me ronge, est-ce que le quadrupède littéraire du Détroit ne prendrait pas des notes sur tout ce que j’écris. Une telle restitution de la moindre de mes pensées ne laisse pas de me surprendre. Ah ! la sourde fascination envers quelqu’un qui connaît bien son sujet.... Bien évidemment, je salue ses efforts pour s’instruire.
Patrick Adam