@ wrysia
Tu dis : « Comme si l’Occident c’était l’altérité, alors que l’Occident c’est soi : son identité nationale pour un muslim qui y vit. » c’est le noeud du problème. comment faire admettre à quelqu’un à qui on a enseigné des rudiments de religion (et non pas la religion telle que toi tu en parles et la pratiques) puisse comprendre qu’une soiété qui ne respecte pas ces principes extérieurs est aussi ta société...
Qu’est-ce qu’on apprend à un jeune musulman aujourd’hui dans nos banlieues ? En fait, tous les signes extérieurs d’une religion et non pas la démarche intérieure qu’elle peut induire. Qu’est-ce qu’il en retient essentiellement ? Que sa femme, ses soeurs et sa mère doivent être voilées. Qu’il doit faire le ramadan. Qu’il doit sacrifier un mouton pour l’Aïd. Qu’il ne doit pas manger de cochon (pour l’alcool, on peut fermer les yeux) et qu’il doit baisser les yeux quand un imam (ou tout autre individu qui se prétend docte en islam) lui parle d’Allah et du Coran.
Plus tard on va lui dire qu’il faut qu’il fasse ses prières et qu’il fréquente régulirèement la mosquée afin que, régulièrement,on puisse contrôler son engagement dans la « vraie » foi.
En fait tous ces éléments ne sont que les signes extérieurs de la religion. Mais à force de lui répéter que c’est là que siège son identité, comment veux-tu qu’il accepte de se sentir en phase avec une société qui refuse ces repères extérieurs. Le mec, ou la fille, a tous les coups, il est paumé et c’est la déchirure assurée. D’ailleurs, c’estt sur cette déchirure que les intégristes misent le plus, exactement comme les talibans en Afghanistan. Oh, ils n’ont pas eu besoin de grand chose pour montrer qu’ils n’avaient pas disparu : il leur a suffi d’imposer à nouveau, par pression interne et familiale, le port de la burka, pour bien signifier que les Occidentaux n’avaient rien gagné.
Comment faire comprendre dans ce cas que l’Occident « c’est l’altérité » et surtout une altérité accepté parce porteuse de ses propres valeurs. Combien de fois j’ai entendu dire, à travers tout le Maroc, (je l’ai déjà rapporté) : « Ah vous êtes bien vous, quel dommage que vous ne soyez pas musulman ! ». Et c’est dit sincèrement, comme si on veut t’honorer en te plaignant...
Bien à toi. Patrick Adam