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bcordelier 29 mai 2008 15:03
bcordelier

Bonjour

J’ai parcouru très en diagonale le fil, particulièrement long, touffu et plombé de propos discourtois pour ne pas dire plus, livrant une impression peu amène.


Pour m’en tenir au thème initial sur l’espéranto en Chine et l’avenir radieux qui s’y dessine(rait), je lis souvent que ce serait là que les espérantistes seraient en train de se préparer à la conquête mondiale. Il n’y a pas de doutes qu’existent en chair et en os des sinophones espérantophones : en quel réel nombre ?, cela reste une question à laquelle on aimerait avoir des réponses objectives.


Au vu des liens et des sites officiels chinois cités, si le gouvernement chinois a vraiment décidé de promouvoir l’espéranto, la question alors à se poser est : Est-ce que l’espéranto va être instrumentalisé par les autorités chinoises ? Car avec les dirigeants chinois rien n’est jamais neutre.


Mais moi j’ai des questions plus prosaïques et bien plus dubitatives. Je suis toujours à la recherche d’analyses et de chiffres objectifs, à la manière des études de marché grand public, quant à la réelle présence, profondeur et impact de l’espéranto.


Donc à croire les espérantistes la Chine compterait des millions ou, à tout le moins, des centaines de milliers d’espérantophones, engagés dans un grand élan d’enthousiasme collectif (comme seuls les pays communistes ont toujours su nous en fournir).


Je me suis livré à de fastidieux comptages sur le site http://www.esperanto-ct.org/vilanova/inko.html, qui recense une bonne partie de la littérature en espéranto disponible sur le net. Au titre des oeuvres traduites, sur :

- Littérature enfantine : 21 oeuvres recensées

- Prose : 101

- Poésie : 8

- Théâtre : 13

- Religion : 47

- Divers : 25

On ne trouve aucun, je dis bien AUCUN auteur chinois traduit. Cela me laisse très perplexe. A moins qu’il s’agisse là d’un ostracisme caractérisé, j’aurais pensé que la communauté espérantiste aurait à coeur de mettre en avant ses chouchous sinophones. Rien concernant Lao Zi, Su Shi (à ne pas confondre avec les sushis japonais), Cao Xueqin ou notre Gao Xingjian français.


De même, la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_romans_originalement_%C3%A9crits_en_esp%C3%A9ranto nous livre la liste (exhaustive si j’en comprends bien l’article employé "des") des romans écrits en espéranto. Sur 155 oeuvres, aucun patronyme d’auteur chinois (mais 3 japonais semble t-il). Là encore, y aurait-il un embargo ?


Sinon : la page ad hox de Wikipedia indique à propos des congrès espérantistes :

- 2004 : Pékin : 2031 participants

- 2006 : Florence : 2209 participants de 62 pays

- 2007 : Yokohama : 1901 participants

Mes questions : combien de chinois à ces 3 congrès récents, et combien de nationaux du pays ? La part relative des uns et des autres (en Chine, au Japon, proche de la Chine, et en Europe, loin) donnera une petite idée de leur implication et donc probablement de leur importance numérique réelle.


Parce que je ne peux m’ôter pour l’instant l’impression que si des chinois apprennent l’espéranto au travers du système officiel actuel, peut être n’est-ce finalement qu’illusion, un peu comme moi quand j’ai dû apprendre, dans ma jeunesse déjà ancienne, le latin et que j’ai laissé aux orties, sans vergogne aucune, dès ma sortie du lycée. Et pourtant on m’avait dit "tu verras, c’est très utile, les curés le parlent tous !"


Merci d’avance aux espérantistes d’Agora Vokso d’éclairer notre docte auditoire avec des chiffres scientifiques.
 



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