Le Figaro, extrait d’une interview donnée au journal par Emile Daraï Secrétaire Général du Collège des Gynécologistes :
Qui sont ces femmes qui font ces demandes (de reconstitution d’hymen) ?
Elles sont de confession musulmane en très grande majorité. La plupart sont d’origine magrébine, mais c’est peut-être le reflet de la forte proportion de cette population en France. Je ne sais pas quelle est la part des femmes d’origine sub-saharienne
Elles viennent souvent de manière urgente, au dernier moment. Elles sont dans un tel état de désespoir, qu’elles sont prêtes à dépenser énormément pour une réfection d’hymen, parfois plusieurs milliers d’euros. Certains médecins en profitent d’ailleurs et pratiquent cette opération pour des visées lucratives….
Pensez-vous q’il peut y avoir une recrudescence de ce type de demandes suite à la décision du TGI de Lille ?
C’est difficile de prévoir. La répercussion ne sera peut-être pas aussi nette que cela. Il y a effectivement un risque potentiel. Il est vrai que c’est un jugement qui risque de créer un précédent. Certaines femmes se sentiront peut-être d’autant davantage obligées de souligner leur virginité par un certificat l’attestant. C’est en tout cas un jugement qui me choque à titre personnel, qui est une véritable régression pour les femmes.
Comment se positionne le collège des gynécologues face à ces demandes ?
Nous avons émis des recommandations au sujet des certificats de virginité. Nous sommes en accord en cela avec le Conseil de l’ordre des médecins. Un médecin n’a pas à réaliser un tel acte, en dehors des cas particuliers de médecine légale, comme pour une agression. C’est inconcevable qu’une femme soit contrainte ainsi de prouver sa virginité, c’est humiliant pour elle. La femme est libre de sa vie, de son corps, les gynécologues ont contribué à l’émancipation des femmes, nous n’avons pas à encourager ces pratiques d’un autre temps, ce serait encourager une régression.