Pour le dire encore autrement, je considère que le multiculturalisme constitue une idéologie qui ne ressortit pas au champ du politique sinon en tant qu’il est anti-politique. Ce qui est un débat qui n’a rien à voir avec le fait que toute nation se situe au carrefour d’influences culturelles diverses. Le drame a lieu lorsque que se substitue au droit et devoir du citoyen une identité culturelle avec ses "droits" spécifiques. La politique se réduit alors à la gestion technicienne de groupes isolés les uns des autres. J’entends alors par "racisme différencialiste", cette posture pseudo-politique qui revient à enchaîner tout individu à un ensemble de traits permanents exprimant une culture spécifique telle que vole en éclats l’idée universelle d’humanité, laquelle détermine l’horizon d’une communauté politique. Ce racisme est moins voyant parce qu’il n’est pas de soi hiérarchisant et parce qu’il peut emprunter la voie de l’éloge des différences (dissimulant une hantise du contact).