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Annie 17 juin 2008 19:03

Cela fait 25 ans que je n’ai pas mis les pieds en Afrique, mais je n’ai jamais durant les années que j’y ai passé rencontré du racisme. En fait c’était à l’époque un peu l’inverse, les Africains essayant d’émuler les blancs. Depuis j’ai l’impression que les différences de couleur de peau ont été exploitées à des fins politiques ou électorales. Je pense en particulier au Tchad, où j’ai travaillé, et où je n’ai jamais rencontré de problèmes ou d’animosité, mais qui aujourd’hui est un pays assez difficile pour les Français en particulier.

Quant au débat sur le racisme, je dirai que chacun est raciste dans une certaine mesure parce que nous sommes conditionnés par la société dans laquelle nous évoluons. Les réflexes s’acquièrent dès l’enfance, je suis née en pleine guerre d’Algérie et je me suis rendue compte un jour que cela avait conditionné certaines de mes attitudes vis à vis des Algériens. L’important, c’est de s’en rendre compte et de combattre chaque jour ces préjugés. Le racisme ne consiste pas à être violemment anti-noir ou anti autre chose. C’est aussi faire des suppositions à propos des gens. Je me souviens avoir rencontré un jour dans un hôpital où je travaillais un noir qui se lavait les mains. La première supposition que j’ai faite à son sujet est que c’était un porteur. En fait il était chirurgien, et c’est une leçon que je n’ai jamais oubliée, et qui m’a rappelé aussi que je n’étais pas aussi affranchie du racisme que j’aurai aimé le penser. 

Pour conclure, ce qu’il me semble important est de questionner sans relâche nos convictions et nos idées et de nous demander dans quelle mesure ce sont vraiment les nôtres. Le racisme est une gangrène, mais le pire est de penser que nous avons été épargnés.



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