Je ne partage pas vos idées.
Comme vous je suis opposé à ce "livre blanc" mais pour des raisons toutes différentes. Plutôt celles qui ont conduit un certain nombre de millitaires de haut rang à le critiquer.
Pour parler de la défense, mieux vaut avoir quelques idées sur l’emploi que nous comptons faire de notre armée, et sur la stratégie.
Il faut aussi faire attention aux chiffres qui sont donnés : officiellement la France consacre 2,41% de son PIB à la défense, ce qui la place au même rang que le Royaume Uni ou le Portugal, mais loin derrière la Grèce. En réalité est inclus dans le chiffre le paiement des retraites et les dépenses consacrées à la gendarmerie. Si l’on prend la référence internationale, excluant ces dernières on tombe à 1,64% soit en dessous de la moyenne européenne de 1,75% et loin au dessous de la moyenne mondiale de 2,5%.
Reste à savoir ce que notre pays compte faire de notre armée : s’il compte, comme vous le dites si bien, ne jouer que les auxiliaires des USA dans des conflits sans lien avec les intérêts nationaux on peut comprendre ce livre blanc.
Mais en préambule notre chef de l’état a déclaré que le pays ne risquait plus de menaces d’invasion ou de guerres avec ses voisins ... c’était déjà le discours dominant en 1913 !
Or c’est faire peu de cas de la situation géostratégique actuelle. En Europe même un certain nombre de contentieux couvent actuellement. On cite parfois les balkans, mais on oublie aussi que la population allemande n’a toujours pas digéré le tracé de la frontière "Oder-Neisse" avec la Pologne, que Grecs et Turcs sont toujours face à face à Chypre, qu’il y a aussi des tensions entre la République Tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie ... ce ne sont que quelques exemples. Et la notion de "voisinage" n’a plus rien à voir avec celle de 1913.
Pour ne prendre qu’un seul exemple : la réduction du nombre de bases aériennes conduira inévitablement à concentrer nos appareils sur un nombre réduit d’emplacements qui seront d’autant plus vulnérables, etc ...
Mais reste la question cruciale : quel rôle doit avoir notre armée dans un monde où les dépenses d’armement ne cessent de croître ?