@ zen
Ce n’est pas plus clair. Tu tournes toujours autant autour du pot. Tu es dans l’allusif en parlant « d’approximations historiques » dans mon texte. Et je n’aime pas ça. Pas que je te contexte le droit de porter des jugements sur ce que j’écris, mais il me semble que la meilleure règle de conduite dans une discussion est de faire l’effort (je ne dis pas que j’y arrive toujours) pour étayer ce qu’on avance. En ce qui te concerne je ne t’ai jamais vu procéder ainsi. C’est ce qui finit par me lasser de tenter de discuter avec toi.
Pour ce qui est de l’Algérie, je n’ai pas vécu la guerre mais j’ai vécu longtemps dans ce pays « après la guerre », à l’époque où il n’y avait aucun intellectuel occidental dans le pays, ce qui me permet (sans être moi-même un intellectuel) d’avoir un jugement assez personnel sur la question. J’y suis allé avec le poids du remords qu’on distillait alors en France dans la presse de gôche, et avec les échos du livre d’Henri Alleg « La question ». Je me souviendrai toujours d’une ballade que j’avais faite dans le Constantinois, au printemps, au milieu des blés verts. je m’étais égaré en haut d’un plateau, et un paysan m’a invité dans sa ferme où j’ai bu le thé avec une galette de pain trempé dans une assiette en fer blanc remplie du meilleur beurre blanc que j’ai mangé de ma vie. Après m’avoir régalé, l’homme m’a amené faire le tour du propriétaire. Nous somme montés au sommet d’une colline et il m’a montré l’horizon, du côté de l’Est. C’est à dire vers la frontière tunisienne. Il m’a dit :« Là, il y avait la forêt qui couvrait tout. Les Français l’ont brûlé au napalm. » J’ai baissé la tête. Alors, il m’a pris le bras et il m’a dit « Oh ! ça c’est le passé. Quand on fait une guerre, on cherche à la gagner, c’est normal. Tout ça, il faut l’oublier. Il faut regarder en avant maintenant. »
Je pense que quand nous en sommes réduits à devoir constater que la mémoire est trop brûlante, il vaut mieux se donner du temps pour la réflexion plutôt que de s’engouffrer dans une repentance à sens unique. C’est en ce sens que j’applaudis des deux mains aux propos de Bruckner : oui pour reconnaître nos fautes ou nos errements. Nous l’avons fait. Maintenant c’est à ceux d’en face de monter qu’il ont l’intention d’en faire autant. Ce qui ne semble pas être le cas.
Patrick Adam