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zen 6 octobre 2006 12:21
ZEN

Voici un extrait de l’intervention de l’intellectuel franco-tunisien Abdelwahab Meddeb ce matin, sur le chat du Monde. C’es consultable toute la journée :

L’intégralité du débat avec Abdelwahab Meddeb, écrivain, auteur notamment de « La maladie de l’Islam » (Seuil, 2002), vendredi 6 octobre 2006

anessa : Etes-vous d’accord avec Redeker sur une violence intrinsèque de l’islam ?

Abdelwahab Meddeb : Je ne peux pas être d’accord, car si je le suis, il faudrait que je me considère comme un monstre irrécupérable, porteur de haine et un monstre le couteau entre les dents. M. Redeker généralise et ce qu’il dit est proprement abject. C’est très précisément l’équivalent des pires discours antisémites. On peut comparer ses écrits à ceux de Céline, avec évidemment le talent en moins.

Susan : Les propos de M. Redeker sur l’islam et le prophète Mohammed sont « extrêmes » comme ses défenseurs eux-mêmes le disent. Mais, ils avouent, il a le droit de s’exprimer, même si ses avis sont extrêmes ou s’ils font mal. Comment justifie-t-on, donc, des lois interdisant des avis extrêmes au sujet de la Shoah et les avis jugés raciste ou antisémites ?

Abdelwahab Meddeb : Des discours ont été suscités autour de l’affaire Dreyfus, par exemple. Il y a en effet des lois contre cela. Ou il y a des lois qui concernent tout le monde, ou pas de loi. Il faudrait que vous lisiez la lettre que j’ai envoyée à ceux qui sont à l’origine de la pétition pour Redeker et qui paraît dans la rubrique « Courrier » de Libération. Vous verrez clairement ma position.

Malgré mon refus total du texte de Redeker, j’ai accepté de signer cette pétition. Pourquoi ? Non pas en soutien à Redeker, mais contre le règne sauvage et inacceptable des fatwas, qui ne doivent pas être acceptés en pays d’islam même et qui a fortiori ne peuvent être acceptés dans un pays comme la France et la tradition séculaire du droit qui passe par de tout autres procédures.

Pour l’expression deux poids-deux mesures, c’est un cliché, mais qui hélas correspond à un état de fait. Le plus grave, c’est que des intellectuels s’y prêtent. Que des politiques le fassent, cela peut, malgré le préjudice éthique, se comprendre. Mais que des intellectuels procèdent de la même manière, là il importe de relever la malhonnêteté que cela implique.

Uzan : Le Coran, que je ne connais pas, méprise-t-il réellement tout infidèle, et préconise-t-il vraiment la conquête au fil de l’épée, ou bien sont-ce seulement des formules symboliques que les pouvoirs utilisent pour manipuler des foules fanatisées ?

Abdelwahab Meddeb : Le texte coranique très exactement comme la Bible est ambivalent. Il comporte des versets qui mettent en perspective, explicitement, le respect de l’altérité religieuse, particulièrement celui qu’il appelle les gens de l’écriture, i.e. les juifs et les chrétiens, auxquels les exégètes ajoutent parfois les mazdéens ou les manichéens, ou même les bouddistes.

Et d’autres versets, qui réclament le fil de l’épée pour les païens, et un autre qui est un verset fétiche pour les intégristes actuels, c’est précisément le verset 29 de la sourate 9, qu’on appelle le verset de l’épée, et qui ajoute aux païens le combat guerrier, féroce contre les juifs et les chrétiens du fait qu’ils sont gens d’écriture mais ne suivant pas la religion vraie. A la seule condition qu’ils acceptent de payer la dîme du minoritaire et un statut d’humilié.



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