• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

E-fred 3 août 2008 13:44
E-fred

http://www.youtube.com/watch?v=xeO89EgDWrM 


Le Chagrin et la Pitié est un documentaire français de Marcel Ophüls sorti en 1969.

En partant de l’étude du cas de Clermont-Ferrand, le film dresse la chronique de la vie d’une ville de province entre 1940 et 1944.

D’une durée d’environ 4 heures, ce film, constitué essentiellement d’entrevues, est la première plongée effectuée dans la mémoire collective française sur la période de l’Occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. À une idéologie qui ne faisait pratiquement état jusque là que des faits de Résistance, Ophüls permit de mettre l’accent sur des comportements quotidiens beaucoup plus ambigus à l’égard de l’occupant, voire de franche collaboration. En brisant l’image unanime d’une France résistante, le film a joué un rôle important dans l’inauguration d’une phase de la mémoire de l’occupation que l’historien Henry Rousso appelle « le miroir brisé », à partir des années 1970 [1].

En France, ce film a été censuré pendant plus de 10 ans à la télévision. En effet, il donne une vision très négative de la France, plus tournée vers Pétain que vers de Gaulle. La droite française, soucieuse de mettre l’accent sur une France résistante incarnée par le général de Gaulle a souvent tenté de minimiser la collaboration pour préserver la cohésion nationale. C’est ainsi que le film sera banni du petit écran jusqu’à l’arrivée de la gauche en 1981.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_d’Alger_(film)

 

Le réalisateur-journaliste communiste Gillo Pontecorvo et l’acteur-producteur FLN Yacef Saadi, ont constitué un témoignage portant sur un épisode de la guerre d’Algérie particulièrement impitoyable[1][2].

Initialement interdit en France, diffusé brièvement en 1970 mais retiré des écrans sous la pression de manifestations d’extrême-droite, le film attendit 1971 pour sortir normalement[2]. Le film resta pratiquement inédit en France jusqu’en 2004, car considéré comme un film de propagande, brisant des tabous sur le comportement militaire français au cours de ce qui ne s’est longtemps appelé en France de simples événements, et s’attaquant à des traumatismes alors récents[citation nécessaire]. Le film fut tourné trois ans après l’indépendance de l’Algérie et le rapatriement de 800 000 pieds-noirs et juifs séfarades dont la plupart n’avaient jamais foulé le sol de la métropole, vivant en Algérie française depuis plus d’un siècle. Et à l’expatriation et expropriation de ces deux catégories de civils s’ajoute l’exode des indésirables harkis, leur internement dans des camps et leur mise à l’écart de la population métropolitaine.

 

  • Ce film était régulièrement projeté aux stagiaires étrangers de l’École des Amériques (installée tout d’abord au Panama puis sur le territoire américain), dans le cadre des études relatives aux guerres de type révolutionnaires. Le réalisme poussé de la mise en scène et du scénario ont fait que ce film a été utilisé à contre-emploi par certains services de renseignement.
  • Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), des officiers d’état-major de l’Armée américaine auraient assisté, le 27 août, dans un auditorium du Pentagone à une projection de La Bataille d’Alger, afin d’avoir un aperçu de la guerre subversive menée par la France durant cette période et faire un parallèle avec les problèmes rencontrés lors de l’occupation de Bagdad durant la guerre en Irak.
  • En 2003, le film, considéré comme un modèle d’enseignement sur la guérilla urbaine, est projeté au Pentagone devant Donald Rumsfeld pour mieux comprendre les développements de la guerre en Irak.
  • Les chars de l’armée française que l’on peut voir dans le film ne sont pas français mais russes, en effet, ce sont des chars prêtés par l’armée algérienne qui se fournissait en URSS.
  • Ce film a inspiré R.A.S (1973) de Yves Boisset.



Palmarès