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sasapame 8 août 2008 21:14
sasapame

A l’auteur,

rien, dans votre article, ne démontre de quoi contredire l’une ou l’autre des propositions que vous entendez contredire. Personne ne vous demande d’en faire la démonstration en 1 ou 4 billets, mais vous avez déjà prétendu les contredire, et vous entendez passer ensuite aux taux, à l’inflation, ... rien de suffisant pour plier ce volet. Quid des réserves obligatoires ? Quid du statut de la Banque centrale ?

Il est pour le moins étonnant qu’on puisse trouver logique que le dépositaire de la confiance du peuple soit un "tiers" autre que celui dont on attendrait qu’il soit dépositaire de la souveraineté : le Parlement élu au suffrage unversel direct.
La monnaie qu’on "nomme" confiance est la monnaie fiduciaire : les billets et les pièces, au présent. Mais en tout état de cause, le raisonnement de la confiance renvoie à la monnaie comme institution.
Vous êtes engagé dans un parti, dites vous : soit, vous avez l’obligation constitutionnelle de défendre nos droits imprescriptibles, parmi lesquels la propriété ; vous devez en outre défendre la république, qui interdit en principe les privilèges.

Que le roi de je ne sais quel pays d’ailleurs et d’autrefois ait du s’entendre avec les pêcheurs de coquillages ou perles ; que les souverains du moyen âge étaient sans doute bien plus ceux qui avaient le contrôle de la découverte de l’or ou de l’argent, cela ne démontre pas la légitimité démocratique d’une création monétaire d’origine privée, moyennant seigneuriage privé. Que les "tiers" aient été depuis des siècles - sauf rares occasions - une aristocratie, ne fait pas une démonstration.

Il est vrai que, dans le contexte présent nous en sommes réduit à accorder notre confiance aux banques (et à la finance, qui centuple encore le montant des liquidités négociables), mais c’est bien le problème.
D’autant que, l’argent étant totalement immatériel (un billet de 500 €, c’est 5 centimes pour le fabriquer), rien de naturel ne justife plus un quelcqonque privilège lié à la création monétaire.

Par parenthèse : je vois une poignée de banques américaines posséder, en titres - un temps - négociables (en dérivés) la soi-disant contrepartie de 4 années de production mondiale... au rythme actuel, et si aucune crise ne survient. Ce n’est pas un signe de normalité, j’espère. C’est le produit d’investissements ?
J’ai une amie qui a joué en bourse assez, autrefois, pour sortir un appartement d’un chapeau : sans travailler autrement qu’en spéculant vigoureusement. D’où est sortie la contre-partie ?
Rappelez vous que l’investissement réel, c’est 3% environ, le reste est purement spéculatif. Sans compter la spéculation sur les monnaies (30 fois l’économie réelle, en gros) et sur produits dérivés (de l’ordre de 100 fois l’économie réelle). Passons, et revenons à la création monétaire.

Vous prétendez que les banques commerciales ne prélèvent pas des intérets sur une valeur qui n’existe pas et sur des sommes sans commune mesure avec les montants de leurs dépôts.

Prenez le rapport 2007 de la Banque de France (pour ce dont je parle ici, il n’y guère de changement depuis des années.) : www.banque-france.fr/fr/publications/rapport/rapport.htm

Tableau page 47 - zone euro :

- Billets et pièces (en €) en circulation : 627.0 G€ (627.0 milliards d’euros)

- Encours des crédits au secteur privé : 10 145.7 G€ (10 145.7 milliards d’euros)

Soit 16.2 fois plus. La part fiduciaire fait 5.8%

Note 1 : Je ne compare évidemment pas l’encours de crédit au M1, qui inclue les dépots "à vue" (...) des clients des banques.

Note 2 : la BCE ne rémunère pas (plus) les (très faibles) réserves obligatoires (2% à 8%, de mémoire, selon les banques) que les banques sont tenues d’immobiliser sur leur compte chez elle.

Les banques prélèvent des intérêts sur quoi, alors ? Essentiellement sur des promesses de payer, faites par des particuliers.
On peut comprendre qu’il y a là un énorme besoin de confiance (et déplorer qu’elle ait son siège dans des banques privées). Mais jusque là, rien ne justifie les intérêts, sinon les charges réelles et les risques portés par les banques elles-mêmes (personnellement, je me contenterais volontiers d’assurances publiques).
Sauf à démontrer que ce sont les banques qui prennent un tel risque, seules. Affirmation ridicule, vue la part des fonds propres des banques et vu, surtout, que vous convenez vous mêmes qu’à 100% ce sont lesdits particuliers qui apportent la contre-partie (les richesses réelles). Vous savez parfaitement qui sauve la mise aux banques quand le jeu prend fin.

Evolution de la masse monétaire fiduciaire-centrale (2006 —> 2007) : + 8.2 % (zone euro) soit + 47.5 G€
Taux de croissance de l’encours de crédit au secteur privé : 11.5% (zone euro)
Les deux oscillent autour de 10% depuis la fondation de la BCE.

De l’avis de la BdF elle-même, la part superflue (énorme, pour un monétariste) alimente les bulles spéculatives, financières et immobilière.

Il est étonnant qu’alors que toute cette monnaie est créée, et puisque manifestement il faudrait la créer, l’État n’en voit pas la totalité. Voyons ensuite ce qu’elle en voit, car elle en voit (un brin).

Si on compte la part de la Banque de France au capital de la BCE (environ 1/5, de mémoire - cf. aussi tableau de droite dans le rapport p 85), il y a là pas loin de 10 milliards de Francs annuels (2007).

Vous me direz : ça ne fait pas nos 40 et plus milliards de déficit annuel. Mais évidemment, il faut voir que la quasi-totalité de la dette publique correspond à des intérêts versés au privé. Depuis 1980, ce sont environ 1 200 milliards d’euros d’intérêts versés... Et un capital bien peu augmenté.

Or l’argent du privé, on l’a vu, sort essentiellement du crédit bancaire. Pour 94.2%

Combien les banques prélèvent-elles d’intérêts par le mécanisme du crédit ? Je prends le cas de la France non par anti-européanisme (primaire) mais pour raisons comptables.

Encours des crédits au secteur privé en France : 1 652.9 G€ (1 652.9 milliards d’euros)
Taux de croissance (2006 —> 2007) de cet encours cumulé : 15.9 % (!)
Soit : + 226.8 G€ (226.8 milliards d’euros) de variation entre crédits nouveaux et crédits finis de rembourser.

Allez, prenons un taux moyen à 4%. Puisque l’encours de crédit est d’environ 16.2 fois la masse monétaire fiduciaire, prenons 4% * 94.2% * 1 652.9 G€ :
Cela fait plus de 60 milliards d’euros d’intérêts prélevés en un an par les banques françaises sur de la monnaie qu’elles sortent d’un chapeau.

Combien revient à la Banque centrale, puis à l’État ?

Bénéfices de la BdF 2007 (p 91) : 2.3 milliards d’euros. Assoyons-nous sur le produit des placements (p 86-89) et autres services financiers rendus par la BdF, et passons à ce que l’État français récupère.

(p 90) "L’ensemble du résultat disponible dégagé par la BCE au titre des exercices 2006 et 2007 a été utilisé pour consolider sa provision pour risques de change et de taux. Aucun dividende n ’a donc été versé en 2007, et aucun acompte sur dividende au titre du revenu de seigneuriage de la BCE n’a été perçu."

Soyons beau joueur : en 2006, c’étaient environ 900 millions d’euros de dividendes versés à l’État français, à quoi on peut ajouter 800 millions versés au titre de l’impôt sur les entreprises. Soit un peu plus de 1.7 milliards.

Tout à fait incomparable avec 60 milliards ou même avec 10 milliards.



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