Vous confondez hyperinflation et forte inflation, ce sont deux choses très différentes.
La première est une perte de contrôle qui voit l’inflation grimper de manière exponentielle, durablement, bien au delà d’un record de 18% comme celui qui est arrivé - une fois -, dans les années 1950).
Elle nuit à tous, car elle implique une panne économique généralisée, où plus personne ne produit ou ne consomme parce qu’on n’a pas de quoi payer les gens qui travaillent. Quand une telle situation est atteinte, l’État est contraint, même malgré lui, à injecter massivement de la monnaie, ce qui relance la course hyperinflationniste.
L’inflation, évidemment, est un impôt. La question que l’idéologue néolibéral ne pose pas, c’est qu’un impôt peut très bien être indexé sur la richesse... Ce que n’importe quel libéral digne de ce nom comprend, lui. Un libéral défend les libertés fondamentales, notamment celle de faire le travail qu’on veut comme on veut, donc, en ce sens, d’entreprendre, pas celle de s’enrichir en dormant. Les économistes libéraux classiques étaient tout à fait contre l’idée qu’on puisse céder le pouvoir de création monétaire au privé, sans parler de l’ôter entièrement à l’État. Quand on veut arrêter la dérive de l’État, on fait une constitution. Ou bien on s’appelle un oligarque, on ne fait pas semblant de défendre des valeurs républicaines, l’égalité et la liberté de tous..
Les salaires peuvent être indexés sur l’inflation. Un impôt spécifique pour museler les fortunes des rentiers est parfaitement légitime, puisque leur fortune n’a d’utilité publique que si elle est productive. Quand elle ne l’est pas assez, tant mieux si l’État, par la création monétaire, réalise des investissements publics.