Vous parlez de l’Europe comme si elle existait. L’UE est une lubie, un hall de gare, l’anti-chambre du pouvoir mondial et cosmopolite. Les gens sérieux comme Medvedev ou Poutine n’ont pas besoin de l’UE hormis pour leur faicliter le commerce.
Une organisation européenne, quelle qu’elle soit, ne commencera à ressembler à un trognon d’Etat européen que le jour où elle défendra les intérêts européens et qu’elle sera perçue comme telle par les étrangers à l’Europe. Ce n’est même plus une question de schéma constitutionnel, de savoir s’il faut une fédération ou un pouvoir central, ce n’est qu’une question de profession de foi. Mais cette profession de foi ils ne la feront jamais car cela leur brûle la langue de parler des racines chrétiennes de l’Europe. Pour eux, l’Europe doit être un ramassis multiracial et multicurel, sans racines et sans avenir, une petite ONU en quelque sorte.
Tant qu’on défend "la liberté du monde", les "droits de l’homme", la "démocratie à Kaboul" et la maffia sicilienne nos interlocuteurs ne savent pas s’ils ont à faire au Secours Catholique, à Ligue Communiste Révolutionnaire, au délégués d’Euronext ou au pouvoir mondial juif. Dans toutes ces perceptions possibles de nous-même, l’Europe est complètement absente. C’est cela le grand échec de l’UE.
On peut critiquer Bush par bien des côtés mais au moins quand il parle on sait qu’il le fait pour ce qu’il croit être le bien des USA. Idem pour Medvedev avec la Russie et Xin-tiao avec la Chine. Quand Kouchner ou Barroso parle, ce n’est jamais pour défendre les intérêts des européens et le monde entier en est bien conscient.