Pendant des années, la Turquie a été dirigée par une élite économique et politique d’obédience strictement séculière qui s’est battue pour que le pays s’aligne sur les valeurs occidentales, ce qui a eu pour effet de marginaliser les musulmans les plus religieux.
Cependant la question du Kurdistan n’est toujours pas règlée en effet au coeur de ce Proche-Orient, les Kurdes constituent un peuple de 25 à 30 millions de personnes écartelé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, mais aussi en Arménie et en Géorgie. Victime de la partition de l’Empire ottoman et de la création des États modernes du Proche-Orient après la Première Guerre mondiale, le peuple kurde s’est réfugié dans une région de hautes montagnes qu’il appelle le Kurdistan.
Selon des estimations non gouvernementales basées sur le dernier recensement (1965) portant sur l’affiliation religieuse et l’appartenance ethnique, on compterait 99 % de musulmans en Turquie, dont 80 % de sunnites et 20 % d’alévis et autres communautés chiites.
Parmi les non-musulmans, on distingue la communauté arménienne (env. 60 000 personnes), la communauté juive (25 000), la communauté grecque orthodoxe (2500), la communauté assyro-chaldéenne (25 000), la communauté catholique (env. 25 000), la communauté protestante (seulement 200 personnes).
Au moment du traité de Lausanne (1923), près de 300 000 Grecs orthodoxes étaient autorisés à résider en Turquie (alors qu’ils étaient deux millions en 1922 à habiter Istanbul, Kadiköy (Chalcédoine), Imbros (Gökçeada) et Ténédos (Bozcaada), les îles des Princes et à Derques). On ne sait plus trop combien il reste de Grecs aujourd’hui, mais les estimations laissent croire qu’ils seraient tout au plus 9000 ; il parait plus vraisemblable que le nombre se soit réduit aujourd’hui à quelque 2500 individus.
Jusqu’à présent la Turquie nie le génocide arménien sans parvenir à fournir une explication cohérente sur la disparition du million et demi d’Arméniens de cette région du monde où ils vivaient depuis la haute Antiquité. Il n’en demeure pas moins que le génocide des Arméniens continue de poser de graves problèmes à la Turquie ; si les responsabilités individuelles ont été oubliées, il n’en est pas ainsi de celles de l’État. Le génocide des Arméniens demeure une plaie pour la Turquie.
De même de ce qui est de la communauté chrétienne assyro-chaldéenne (environ 35 000 personnes), elle semble également en voie de disparition. Cette minorité cumule en ensemble de problèmes presque insurmontables tels que l’absence de toute reconnaissance juridique, la privation du droit à des institutions scolaires, la confiscation de lieux de culte, sinon l’interdiction de construire de nouvelles églises.
Il faudrait parler aussi de la petite communauté juive dont la population varierait entre 8000 et 10 000 personnes. La plupart des juifs de Turquie résident à Istanbul, mais de petites communautés demeurent à Izmir (environ 2500), ainsi qu’à Brousse, Çanakkale, Adana, Ankara Iskenderun, Kirklareli, etc. On estime que 96 % de la communauté juive est composée de séfarades, les autres étant partagés entre les ashkénazes et les caraïtes. De façon générale, les juifs de Turquie ne sont guère inquiétés par le régime qui les considère comme des alliés.
Le moins que l’on puisse dire c’est que la Turquie ne remplie pas et de loin les conditions pour entrer dans l’Europe.