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gdm 21 novembre 2008 18:06
gdm

@quen_tin

Je répond à votre message commençant par "l’idée des fondations...".

Vous mélangez dans une même phrase, dans une même problématique des sujets de natures différentes. La question de la survie de l’espèce ne se pose pas aujourd’hui. La plupart des questions de l’environnement trouvent une solution par les droits de propriété de chacun. L’Etat ne propose pas non plus de solutions acceptables pour les autres questions d’environnement. Je n’ai jamais dit que qualité des relations sociales serait une question de fondation. Ni la culture, ni la connaissance humaine.

Je n’ai pas parlé d’une quelconque question de survie de l’espèce, puisque, à mon avis, cette question politique ne se pose pas en ce moment.

Vous me dites qu’un système de droit fondé sur la liberté individuelle conduirait à des aberrations. Le libéralisme est une théorie du Droit. Cette théorie est fondée sur la liberté individuelle. Vous seriez donc un adversaire du libéralisme.

Vous rappelez qu’il existe deux sortes de libertés, deux définitions de la liberté. La liberté comme absence de contrainte. Et la liberté, comme champ des possibles. La première définition permet de définir une théorie du Droit fondé sur une telle liberté. La seconde définition de la liberté comme champ des possibles est un tout autre concept. Il ne peut valablement fonder des relations sociales fondé sur une telle "liberté". De multiples contradictions insolubles surgiraient, anéantissant tout système de Droit fondé sur ce que vous appelez la "liberté positive".

Vous prétendez que les deux libertés seraient équivalentes, sous le prétexte que, dans certains cas, certains individus subiraient une égale impossibilité de faire certaines actions humaines. Ce raisonnement d’équivalence des deux sortes de libertés soufre de graves erreurs de raisonnement. Le bon sens et l’observation montre que la conséquence humaine est différente lorsque le passager que vous citez ne peut embarquer par manque d’argent ou parce qu’un voyou le retient de force attaché. Dans le deuxième cas, le voyou viole le droit de propriété du passager sur sa propre personne, viole sa liberté. L’analyse juridique des deux cas de votre exemple montre que ces deux concepts de "liberté" sont différents.

Vous ne pourrez pas fonder une théorie cohérente du Droit sur une définition de la "liberté positive". Depuis le 18e siècle, le libéralisme est parvenu à fonder le Droit de manière cohérente sur le concept de liberté, c’est a dire la liberté comme absence de contrainte extérieure a soi-même. A tel point que les principes du libéralisme fondèrent directement la déclaration des Droits de l’Homme de 1789.

John Rawls ne fondait certainement sa théorie du droit en considérant la richesse de l’individu. Bien au contraire, Rawls inventa le concept de "voile de la Justice". La justice s’applique aveuglément quelque soit l’individu. On voit souvent l’effigie de la Justice sous la forme d’une femme avec un bandeau sur les yeux pour rappeler ce grand Principe de la Justice. Pour Rawls, ce "voile de la Justice" signifie que la règle de Droit s’applique de manière identique quelle que soit l’individu, riche ou pauvre. Le vol est également puni que le voleur soit riche ou pauvre. Le droit de propriété est le principal fondement des systèmes de Droits moderne, quelque soit la pays. Sauf les pays dont le système juridique est peu développé.

Un hypothétique système juridique qui serait fondé sur votre concept de "liberté positive" serait contraint de comparer les "libertés" relatives d’un infirme, d’un jeune homme, d’un vieillard, d’un homme, d’une femme. Vous avez justement remarqué à quel point votre "liberté positive" est "subjective". Cette subjectivité conduit au constat d’une impossibilité de construire le Droit. Or la question sociale, est d’abord de construire un système de Droit.

Vous dites que la "situation" d’un pauvre serait moins enviable que celle d’un "riche". C’est parfois vrai, parfois inexact, mais toujours subjectif. Mais votre concept de "situation" ne peut fonder un système de Droit. Or c’est la seule question valable à se poser.

Vous dites que la science économique ne serait pas une science. Allez sur le blog "éconoclastes" de Alexandre Delaigue. Il a écrit un bon article sur ce sujet. Mais votre sentiment de dire que la science économique serait une "escroquerie intellectuelle" est sans fondement sérieux. Je vous invite à lire "Principes d’économie" de Gregory Mankiw. C’est très pédagogique. Simple, clair et puissant. C’est un livre classique pour les étudiants de fac d’économie de première année. Ce livre se lit agréablement.

Mankiw fut le premier conseiller économique de Clinton. Il avait vu et dénoncé le risque fou des "subprimes" pour le contribuable américain. Les "subprimes" était, de fait, une décision politique pour donner des logements aux noirs les plus pauvres. Mankiw n’eut pas assez de poids politique pour stopper cette mesure politique, démagogique et dangereuse. Mankiw ne fut pas surpris de la crise des subprimes.
 



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