L’entreprise a tout d’une véritable « success story » bien de chez nous : elle a été rachetée par sa propre équipe dirigeante en 2001, dans une période de difficultés et de restructuration interne, tandis que son propriétaire de l’époque souhaitait s’en séparer pour reconfigurer son portefeuille d’activités. Les managers d’alors montent une opération de LBO et se lancent dans l’aventure du rechargeable grand public.
Il parait indispensable d’expliquer au lecteur c’est qu’un un LBO (Leverage Buy Out) ou dans le cas présent un LMBO vu qu’il vient de l’intérieur de la boite.
Donc un LBO :
Trouvez une boite saine et très rentable. Allez voir votre banquier en lui disant que vous êtes l’homme de la situation et ... bénéficiez de 90% de réduction sur la valeur de cette boite très rentable ! Comment ? Et bien c’est très simple ! Au lieu que VOUS preniez un crédit pour racheter la boite, vous rachetez la boite et c’est la boite elle même qui prend le crédit pour rembourser. Le mec qui vous vend la boite est content (vous ne négociez pas trop les prix vu que ca ne vous coute rien) et VOUS êtes contents car vu que vous avez acheté ca 10% de sa valeur, même si ca en perd 50% vous aurez encore gagné plein de fric. Dans l’histoire, le grand perdant est .... les salariés.
On étudie en école de commerce ou toutes formations assimilées comment faire un LBO. Ca ne se fait pas dans la finesse. La boite avait beau être super rentable avant, elle est maintenant super endettée. Et donc il faut la redresser. Alors la il faut d’une part avoir de la chance et des conditions économiques favorables (c’était le cas) mais ne pas avoir peur de se conduire en véritable enfoiré. Il faut réduire les coûts comme un porc. Cela se fait en rognant sur TOUT. Bien sur cette réduction des couts va détruire l’innovation et les futurs produits. C’est pour ca qu’elle doit être extrémement aggressive de façon à profiter des produits déja développés et ramener du profit financier. Au bout de quelques années (pas trop sinon le manque de développement produit va se voir), vous trouvez un pigeon pour vous racheter l’entrprise et vous empochez une plus value malsaine.
Un groupe de salariés de l’entreprise qui fait cela en croyant bien faire pour la boite n’a surement pas intégré cet aspect très déstructeur du LBO (ils sont peut être parti d’un bon sentiment comme beaucoup de gens qui font des LBO parce qu’ils révent d’être proprio d’entreprise). Mais ce mode d’acquisition ne pardonne pas et sauf cas exceptionnel il faut avoir une gestion très dure pour ne pas couler la boite.
A lire votre histoire c’est malheureusement ce qui s’est passé ici.
Pour le reste, que les chinois rachètent la boite n’est pas forcément un mal. Le mal a été fait lors du LBO et de la probable mauvaise gestion qui s’en est suivi. (Ou plutot gestion inadapté au LBO qui précéde parce que la gestion qui suit un LBO ne peut pas être considéré comme bonne).
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