La situation risque de s’aggraver, n’en déplaise à la mère Boutin.
> J’évoquais hier le RSA, censé dissoudre la misère dans le travail précaire. Problème : du travail il n’y en a plus trop, même précaire, et les Caisses d’Allocations Familiales, qui seront chargées de calculer le revenu servi aux bénéficiaires du RSA mois après mois, sont cruellement en manque de personnel. Les dossiers traînent, ils vont traîner d’autant plus qu’entre le "bénéficiaire" du RSA et les CAF, organisme payeur, les dossiers devront passer par les fourches caudines d’une pléthore d’intermédiaires (commissions d’insertion, référent, ANPE) eux-mêmes en sous-effectif.
www.collectif-rto.org/
> Les fermetures de lits des services psychiatriques dans de nombreux hôpitaux, et la raréfaction des psychiatres de secteur font que l’accueil des populations marginalisées relevant de la psy de secteur ne pourra plus être assuré partout. Les Centres Médico-Psychologiques et autres accueils de jour, destinés à ces publics, voient sans cesse leurs crédits revus à la baisse, et on ne forme plus de personnel spécialisé (les infirmiers en psychiatrie n’existent officiellement plus, ils sont remplacés par des DE sans formation ad-hoc). Cela veut dire que ces publics qui jusqu’à présent faisaient l’objet de suivis de réinsertion passant notamment par l’attribution de logements de type appartements thérapeutiques, se trouveront bientôt livrés à eux-mêmes. C’est déjà le cas dans nombre de petites villes, ce sera vrai demain dans les grandes villes.
> Les MDPH (Maisons des Personnes Handicapées), qui selon la loi Handicap de 2005 ont remplacé les Cotorep, se voient à nouveau menacées d’un allègement des crédits dont elles bénéficient. Problèmes prévisibles dans les renouvellement de dossiers (de nombreuses personnes marginalisées perçoivent l’Allocation Adulte Handicapé) à partir de 2009 où chaque demande devra être accompagné d’un "bilan professionnel" destiné (ce n’est pas dit mais c’est sous-jacent) à mettre sur le marché de l’emploi, au titre du RSA, des "travailleurs handicapés" que par ailleurs on ne se donne pas les moyens de former efficacement (l’Agefifp, structure en charge de la formation et de la réinsertion professionnelle des travailleurs handicapés s’est vu sucrer une grosse par de ses crédits, et il en va de même pour l’AFPA). En filigrane, on pressent la volonté du gouvernement en place de faire disparaître les filets de sécurité que sont les minima sociaux tels que le RMI et l’AAH... pour les remplacer par des "emplois" qui n’existent même pas sur le papier.
www.reflexe-handicap.org/
www.nipauvrenisoumis.org/