Pourquoi brandir encore et toujours ce miroir aux alouettes qu’est la propriété - et qui conduit des générations ainsi que les jeunes ménages à se saigner aux quatre veines pour, le plus souvent, se retrouver prisonniers d’un crédit bancaire.
Objectivement l’important ce n’est pas d’être propriétaire (en fait, le plus souvent, locataire de sa banque) mais de se loger. Point barre. Et c’est là qu’un marché immobilier trop cher par rapport aux revenus doit redescendre sur terre.
Or les deux phénomènes se nourrisent : explosion des prix et des loyers et augmentation du nombre de propriétaires, car ce sont bien souvent des propriétaires ployant sous leurs traites ou tout simplement sensibles à l’air du temps selon lequel toute source de revenus soit exploitée à fond qui exigent des loyers insensés ou (re)vendent trop cher.
Quand j’étais étudiant, les jeunes trouvaient à louer des chambres de bonne ou des petits appartements à des prix raisonnables. Certes, le confort n’était pas toujours au rendez-vous, mais les formalités étaient nettement moins contraignantes que maintenant. Mais à l’époque, outre les institutionnels, le parc immobilier était encore entre les mains de quelques familles qui géraient bon gré, mal gré, des immeubles dont les loyers obéissaient à une indexation sévère, quand il ne s’agissait pas de ’loyers 48’, et de nombreuses familles, même aisées, étaient traditionnellement locataires du même appartement depuis parfois un siècle.
Quand on fait de l’immobilier une véritable industrie financière et on propage le slogan ’tous propriétaires’, on fabrique aussi de l’exclusion.