Comment tenir un message comme le mien face à des patients en attente de greffe ? Tout simplement en ne créant pas de faux espoirs : ne pas ouvrir de droit opposable à la greffe, car il n’existe pas plus que le droit opposable à la mort. Le premier n’existe pas du fait de la pénurie de greffons, le second n’existe pas du fait de la volonté de la France à ne pas légiférer sur l’euthanasie au sens de "suicide assisté" (et non au sens de "bonne mort" !).
Un patient en état de mort encéphalique semble dormir, sa peau est chaude et il respire, même si c’est grâce aux machines. Il ne faut pas s’étonner que, là où certains voient le verre d’eau à moitié plein (le patient est mort !), d’autres le voient à moitié vide (le patient n’est pas encore mort !).
A la question du constat de décès sur le plan de l’éthique (en ce qui concerne le donneur d’organes), on répond par la beauté du don.
Et maintenant, la question qui tue : à quand une éthique du patient en attente de greffe ?...