Ceux qui déplorent l’absence des historiens dans le débat sur la Shoah sont d’une ignorance crasse .
La bibliographie savante sur le sujet est énorme, elle compte des dizaines de milliers de publications dans le monde ( plus de 2000 ouvrages et 10000 articles unversitaires rien que sur Auschwitz).
Léon poliakov ou raul Hilberg ont écrit dès les années 60 des ouvrages de référence.
La France il est vrai cumule le triste privilège de s’être intéressée tardivement au sujet ( années 80) et d’être le lieu de naissance du négationnisme ( l’initiateur est un ancien député socialiste paul Rassinier ( 1906/1967)dont les thèses sont reprises par l’extrème-droite à partir des années 60).
Les thèses négationnistes n’ont jamais obtenu l’aval des historiens professionnels et le débat scientifique est clos depuis longtemps.
Le seul débat qui agite aujourd’hui les historiens est celui des lois mémorielles ( Gayssot, Taubira etc...) dont beaucoup considèrent qu’elles sont inutiles voir dangereuses pour la professions.
La secte restreinte mais active dont Faurisson est l’emblème n’a pas la moindre légitimité scientifique.Elle prospère en jouant la carte du doute scientifique, comme si rien ou presque n’avait été écrit sur le sujet et en jouant les martyres de la liberté d’expression ( la loi Gayssot s’avère ici très contre-productive).
En somme, personne ne peut affirmer que l’extermination des juifs d’Europe est un domaine historique inexploré ni que les thèses négationnistes n’ont pas été invalidées, il suffit de se rendre dans une bibliothèque ou une librairie universitaire pour le constater.