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Nicolas Proix 27 octobre 2006 10:10

Où auriez-vous vu que Demian West dialogue tout court ? Il n’affirme rien, ne prétend rien, n’a aucune opinion et ne critique même pas les idées qui lui sont proposées : il va directement critiquer les personnes qui osent émettre une pensée. Et quand je dis « critiquer », je ne parle pas de critique constructive.

Hélas !

J’attends encore que, sur les 5000 commentaires qu’il a émis, il nous démontre, non pas sa culture, qui ne regarde que lui, et qu’il a sans nul doute vaste, mais sa capacité à mettre son intelligence en travail. C’est-à-dire en travail de réfutation, d’approbation, de discussion.

Je suis persuadé (et je le dis sans ironie aucune) qu’une discussion avec lui serait extrêmement intéressante et constructive pour moi... peut-être pour lui, mais je n’en ai pas la prétention. Mais je parle d’une « discussion ». Pas d’un pilori.

Quand comprendra-t-il enfin que la personne qu’il abaisse le plus par ces comportements, indignes de lui, est lui-même ?

Quel dommage.

— —

Pour rebondir sur le sujet (le vrai, celui de l’article. Pas le torrent d’insultes qui suit) : je ne suis pas en accord avec la totalité de l’article, loin de là. J’ai habité 3 ans un quartier très mélangé (65 nationalités, dans le XVIII° arrondissement), et j’ai travaillé comme pion dans une école primaire de ce quartier.

J’ai pu constater que les « minorités » qui s’intégraient le moins étaient de toute évidence les minorités asiatiques (Chnois et Indiens). Les enfants ne connaissaient tout simplement pas la langue française. Pas facile pour s’adapter.

Ainsi, on a une « Little India » rue du Faubourg-Saint-Denis, une « Chinatown » dans le Triangle d’Or du XIII°. Et si notre France n’était pas aussi francocentrée, les plaques des rues et les panneaux indicateurs seraient en anglais/hindi et an mandarin. Personnellement, ce qui n’engage que moi, je préfère en français. Après tout, ces gens sont venus habiter en France, pas y recréer l’Asie.

Pour autant, le « repli sur soi » n’a pas que des côtés négatifs. Je n’ai jamais vu un seul SDF Chinois ou Indien à Paris : il y a donc une vraie solidarité « communautaire ». Que cette solidarité passe par des tontines, des ateliers clandestins, une immigration illégale contrôlée par des Maffias . . . peut-être ! Et même certainement. Mais le fait est là : ces minorités « non intégrées » ont réussi à éradiquer la mendicité, et, j’ose le dire, par le haut.

— 

Que les peuples fassent mémoire de leur passé heureux ou douloureux, c’est un droit, et même un devoir de mémoire. Mais il est dangereux de le faire en se prétendant perpétuellement victime. Ou perpétuellement coupable. Le monde n’est pas manichéen.

Ainsi de la culpabilité lancinante que certains voudraient voir adopter à l’Europe, à la France, au christianisme. Les crimes sont indéniables, prouvés, reconnus. Et j’y mets, en vrac, l’esclavage, la colonisation, les guerres, etc.

Mais il faut accepter que certaines choses ont évolué. Que, à la lumière de nos connaisances actuelles, nous ayons compris que la colonisation était mauvaise, oui. On ne peut pas pour autant reprocher éternellement à la France d’avoir été une puissance coloniale. Moi aussi, j’attends avec impatience une reconnaissance officielle (pas par une loi, notez, mais par une déclaration franche et nette) des torts de la France en la matière.

Après ? L’oubli ? Certainement pas. Ne serait-ce que pour ne pas recommencer les mêmes errements. Mais . . . le pardon ? Est-ce trop demander ? Les Allemands et les Français ont réussi à se pardonner ! Et pourtant, nous ne sommes pas meilleurs ni plus humains que d’autres. Et pourtant, quel passif ! 3 guerres en 70 ans ! 3 ou 4 générations décimées !

Les chrétiens n’ont pas tenu rigueur aux musulmans du meurtre des moines de Tibhirine, en 1996. Pas plus que du meurtre d’une religieuse en Ethiopie, il y a moins d’un mois, en 2006. Parce qu’ils savent bien que ces meurtres ne sont pas le fait d’un population musulmane, mais de quelques éléments islamiques (je dis bien « islamiques », et non pas « musulmans » et encore moins « arabes ») fanatiques.

C’est toute la différence entre oubli et pardon.



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