Cosmic,
vous remarquez vous-même Enfin, le voilemement, pardon pour ce néologisme, est loin d’être minoritaire, et paradoxalement il se développe plus en Europe qu’ailleurs (vous noterez en relisant attentivement que c’était la burqa que j’affirmais être une forme minoritaire, quoique on pourrait aussi se demander si les "voiles" sont si majoritaires que ça ).
Or c’est ce développement en Europe qui m’interroge. Je ne nie pas les pressions sociales que peuvent subir des femmes, mais j’ai du mal à comprendre en quoi ces pressions seraient plus fortes aujourd’hui qu’il y a, disons 20 ou 30 ans. Pourquoi des jeunes filles nées en France, dont les mères n’étaient pas voilées, se mettent à arborer un fichu, voire des formes très strictes et fort éloignées des formes traditionnelles que revêtaient les voiles dans les pays d’origine de leurs parents.
Je ne dis pas qu’elles ont raison ou tort de faire ce choix. Cela n’a d’ailleurs aucun intérêt. Mais comme j’ai la certitude qu’un "universel humain" est de choisir ce qui lui parait le mieux pour lui, j’ai du mal à penser que tout les discours que vous pouvez tenir sur l’imagerie de la claustration du voile puisse en quoi que ce soit infléchir le choix de ces jeunes filles. Pire encore, je crains que vous ne fassiez que renforcer leur choix.
Pour ma part, l’analyse que je fais de cette situation est moins catastrophiste. Il s’agirait plus d’un choix par défaut de jeunes gens (garçons et filles) ne pouvant plus s’imaginer être "intégrés" (quand on est la troisième génération et qu’on se voit renvoyé à la nationalité d’origine de ses grands-parents, je comprends qu’on puisse ressentir un sentiment d’exclusion). Paradoxalement, en Europe, pour un jeune une burqa pour une fille ou un accoutrement à la "talibane" pour un garçon relèvent presque d’une attitude punk. C’est triste, non ?