Décidémment vous avez dit de belles sottises en mon absence, Bon commençons la correction par Daniel Riot qui n’est pas à une stupidité prète.
1ère partie
L’Islamisme anti thèse du Fascisme ou l’Islamisme par un Islamiste.
L’islamisme est un fait radicalement moderne qu’il vaut mieux comprendre dans sa différence avec le fascisme. Le fascisme était une exaltation de la nation ; l’islamisme refuse l’enfermement des musulmans dans des frontières nationales, et ne reconnaît aucune ethnie ou groupes particuliers, et entend s’en débarrasser pour remplacer la nation ou la patrie, par la communauté universelle des croyants. Le fascisme était une organisation efficace, hiérarchique et technocratique de l’Etat ; l’islamisme est en principe égalitaire et ne se soucie ni d’efficacité, ni de progrès, ni d’Etat. L’islamisme est un mouvement de rédemption des âmes et ne s’inquiète pas des corps ; le fascisme, au contraire, était anticlérical et exaltait la forme physique. Enfin et c’est évidemment déterminant, l’islamisme ne vaut que pour les musulmans, il n’est pas universaliste ; tandis que le fascisme a séduit des Argentins et des Britanniques autant que des Italiens, des Chinois autant que des Français.
On m’objectera que derrière l’idéologie islamiste, se meuvent des intérêts bien concrets et des ambitions de politique nationale : les Sunnites veulent reprendre le pouvoir en Irak, les Frères musulmans en Egypte et en Jordanie, Al-Qaida en Arabie Saoudite, le FIS en Algérie. Certes. Mais l’Islamisme, fonctionne à deux niveaux : la gestion du politique par les cheihks et la séduction des masses. La séduction populaire de l’islamisme tient avant tout à son appel transcendental à l’âme musulmane , projetée comme distincte ( et supérieure ) à l’esprit occidental .
Demandez-vous pourquoi avez vous, en Occident, tant de mal à saisir cette nature de l’islamisme ? Pourquoi êtess-vous tentés de le ramener au fascisme ? Deux raisons à cela. Vous êtes prisonniers dans vos têtes de votre progressisme et de l’ego-centrisme teintée de votre ethnophilie exacerbée : comme le sentiment religieux vous a globalement désertés, vous ne pouvez plus comprendre que, dans d’autres civilisations, la foi est réelle. Vous politisez l’Islam plus que les musulmans ne le politisent parce que vous n’êtes plus capables de raisonner en termes non rationalistes. Seconde raison : vous croyez au progrès, telle une foi de substitution, et vous ne pouvez plus comprendre, ni admettre, que d’autres n’y croient pas ou estiment que les mythes (la communauté des croyants, la restauration du califat, le paradis pour les martyrs) sont des objets réels et peuvent être réalisés.
Compte tenu de ce qu’en Occident vous êtes devenus, il est improbable que vous ne compreniez jamais ou trop tard l’islamisme : vous êtes donc voués à le combattre en aveugles. À votre décharge, certains islamistes vous combattent avec le même aveuglement et ne vous comprennent guère mieux : dans le regard de certains islamistes, l’Occident est véritablement diabolique, de même que dans le vôtre, « l’islamiste est vraiment fasciste », affrontement de deux ignorances, pour l’une très largement répandue, pour l’autre, et c’est là que s’inscrit la défaite de l’occident beaucoup moins répandue qu’il ne pense.
Mais l’islamisme existe-t-il comme phénomène unitaire ? N’est-il pas une création de l’Occident en quête d’ennemis ? Ou une invention de certains leaders politiques islamistes ? qui réunissent en un seul faisceau des revendications diverses à base territoriale ? Est-ce que le Hamas, le FIS, Al-Quada, le Hezbollah, les Talibans participent tous d’un même islamisme ? Ne pourrait-on satisfaire les exigences une par une : paix en Palestine, réforme politique en Egypte, en Arabie, justice sociale en Algérie, etc. Un débat théorique : pour un occidental, il ne voit pas en effet quelle satisfaction accorder aux mouvements islamistes dans chacune de ces situations puisque les islamistes veulent tout sur cette terre et au ciel ? Nulle concession ne semble de nature à satisfaire la revendication islamiste, en dehors de l’annihilation totale de l’adversaire. Et encore .
Par ailleurs, la distinction entre ces mouvements pouvait être possible il y a dix ans ; elle ne l’est plus. L’islamisme est devenu mondialiste : il est à l’heure de la mondialisation, par raison pratique mais aussi métaphysique. Tous les islamistes partagent le même espoir de restauration du califat ; Jérusalem, Alger, Ryadh, à Djakarta ne sont jamais que des étapes vers cette attente ultime.
La guerre des visions du monde entre Islam et Occident est donc sans issue immédiate et sans perspective de paix à portée de l’entendement : Dieu et le Diable ne peuvent pas signer de traité de paix. À ce seuil, puisque vous ne pouvez vous empêcher de raisonner en Occidentaux, cherchez tout de même, contre l’évidence immédiate, une issue progressiste. En est-il ? Deux viennent à l’esprit et sont de rigueur en Occident.
La première voie pourrait être qualifiée d’américaine : la démocratie libérale dans les mondes musulmans modifierait les comportements et le matérialisme l’emporterait peu à peu sur l’attente du Paradis. N’est-ce pas ainsi qu’aux Etats-Unis les puritains sont devenus des entrepreneurs, et que les Turcs, quoique musulmans, deviennent des Européens ? Cette voie est très longue mais elle existe. L’autre sortie de crise est plutôt d’inspiration française : que l’islam se réforme, sur le mode chrétien, et les musulmans deviendront aussi laïcs que les Français. Mais ce schéma est plus théorique encore que celui des Américains puisque l’islam n’est pas « réformable » : ce n’est pas une Eglise, il n’y a pas de pape, ni clergé, et en Islam toutes les interprétations individuelles, existent déjà, des plus Islamistes, aux plus laïcs, ces deux scénarios sont en vérité, proclamés, au même titre que le comparatif de l’Islamisme et le Fascisme, sémantique angélisante, ou diabolisante mais dans les deux cas mensongères et à usage de rassurance interne vers l’occident devant cet advesaire finalement si indéterminable et sur une autre sphère que la planête de L’Utopie d’une projection d’un fantasme mondialisé.
Ps lire d’urgence pour comprendre un peu l’Islamisme,
François Burgat Arabisant et meilleur Islamologue Européen
Dans l’Islamisme en face édition la découverte.
« entretien avec des Islamistes ce qui ne se fait jamais, puisque généralement, on leur prète des propos, et des intentions »
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