Kant rendait hommage à Hume pour l’avoir éveillé de ses années de somnolence dogmatique. Mais s’il était une somnolence dogmatique particulière à la démocratie ?
Un bel esprit, bien scrupuleusement de centre gauche, annonçait récemment qu’il n’avait pas d’ennemis. Enfant ! Comme si le choix était possible, comme si l’ennemi était subjectif... La subjectivité, l’affect, l’émotion, voilà aujourd’hui ce qui, pour les démocrates, tient lieu de pensée.
Aussi la question se pose : la démocratie permet-elle, dans son fondement, dans son essence même, qu’existe encore un fait ? Un fait objectif ? Que subsiste, quelque part, l’heuristique morsure du principe de réalité ?
En attendant, en face, on s’organise. On s’organise, on planifie, on égorge et on décapite... Ce n’est pas d’islam, mais d’islamisme qu’il s’agirait. Pas de religion, mais de fanatisme. Pas de contre-racisme, mais de communautarisme...
De l’islam, on vante avec nostalgie le passé brillant. On exhume l’un ou l’autre érudit, de préférence sourd, aveugle et sénile. Ça ne manque pas. On le dépoussière rapidement. Et on lui fait rappeler fort à propos que, cependant, Avicenne, au XIe siècle...
Très drôle vraiment ! Un peu comme si Erasme, More et Montaigne effaçaient, de par leur seule grandeur, le scandale des guerres de religions interchrétiennes !
En ces temps où, une nouvelle fois, la religion fait la guerre, il urge de revendiquer encore, et toujours, et hautement, la dignité supérieure de l’homme sans dieu.