• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Cascabel 20 avril 2009 00:06
Cascabel

Emile Zola  :

« À vingt ans, en plein Empire, je tenais le neveu du grand Napoléon pour le bandit, le « voleur de nuit » qui, selon l’expression célèbre, avait allumé sa lanterne au soleil d’Austerlitz. Dame, j’avais grandi au roulement des foudres de Victor Hugo : Napoléon le Petit était pour moi un livre d’histoire d’une vérité absolue... je le voyais l’œil terne, furtif, les traits pâlis, à travers cette rhétorique hennissante, écumante, géniale. Mais j’en suis revenu depuis. Car, au fait, le Napoléon III des Châtiments, c’est un croquemitaine sorti tout botté et tout éperonné de l’imagination de Victor Hugo. Rien n’est moins ressemblant que ce portrait... sorte de statue de bronze et de boue élevée par le poète pour servir de cible à ses traits acérés, disons le mot, à ses crachats. Non, l’Empereur : un brave homme, hanté de rêves généreux, incapable d’une action méchante, très sincère dans l’inébranlable conviction qui le porte à travers les événements de sa vie qui est celle d’un homme prédestiné, à la mission absolument déterminée, inéluctable, l’héritier du nom de Napoléon et de ses destinées. Toute sa force vient de là, de ce sentiment des devoirs qui lui incombent  ».



Palmarès