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victor 2 novembre 2006 01:01

« Enfantillages », disait Marcel Aymé. Il est interressant de constater, d’un point de vue un peu détaché, à quel point l’infantilisation des masses autorisée par l’infantilisme régressif des décideurs de la démocratie à l’américaine, constructeur (et donc déconstructeur) de bastions et de frontières rectilignes subjectives s’inscrivent dans une vision nécessairement provisoire du monde, dans le mauvais sens d’apocalyptique, tandis que « le ventre mou » du monde, comme l’affirme un commentateur, contraint à se replier sur son histoire, s’inscrit au contraire dans une idée de renforcement et de (trop grande ?) responsabilisation des élites, qui peut conduire à une fanatisation des peuples comme à une nouvelle aube démocratique. Construction et déconstruction matérielle d’un coté, injection et gel des capitaux, interventionnisme puéril, succès relatifs et déconfitures cuisantes ; construction et déconstruction idéologiques et morales de l’autre, alchimie forcée des esprits dont peut résulter l’or le plus fin comme le plomb le plus vil.

Ce que la vieille Europe n’a jamais bien compris, c’est que, d’un coté comme de l’autre, c’est d’elle qu’on a toujours attendu des réponses, encouragements ou freins. Elle a bien souvent joué aussi sa carte de l’infantilisme américain, qui la fait parfois paraître sénile. Pour l’instant on se « rassure » avec le constat de l’intégrisme, mais à trop attendre, ne sommes nous pas sur le point de recevoir des leçons bien pires que la « menace islamiste » (qu’on peut toujours combattre), l’émergence au sein même du proche orient d’une forme rajeunie, voire un nouveau modèle de démocratie qu’on n’aura pas d’autre choix que d’assimiler ?



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