Je pense qu’il ne faut pas tout confondre, adoption, Fiv, mères porteuses et don d’ovocytes. Je parle ici de la location d’utérus.
On implante dans l’utérus d’une femme qui peut avoir des enfants normalement, un embryon portant le patrimoine génétique de clients et qu’elle portera 9 mois pour l’amener à maturité afin de le vendre à un couple en mal d’enfant.
Il s’agit là d’un enchainement particulièrement vicieux de besoins économiques ou affectifs, de possibilités technologiques et de demande commerciale. Enchainement vicieux car on joue sur les sentiments, on joue sur la misère, on joue sur l’angoisse, on joue sur la fonction reproductrice de la femme et sur le désir d’un couple de se perpétuer.
Le lieu de ce commerce étant l’utérus d’une femme conçu comme une usine à fabriquer des bébés. Est ce que sous prétexte que ça existe nous pouvons accepter que des femmes, nos semblables, dépendantes d’une raison économique et/psychologique louent leur utérus pour fabriquer le bébé des autres ?
Pendant des siècles, la place des femmes dans la société a été conditionnée par leur aptitude à reproduire. La contraception et l’avortement légaux ont permis aux femmes de choisir leurs grossesses, de choisir d’avoir des enfants ou pas et de développer et mettre en valeur leurs facultés d’être humain. Aujourd’hui, vouloir légaliser sur le commerce du corps des femmes est un terrifiant retour en arrière.
Que des femmes affirment qu’elles louent leur utérus pour « rendre service », pour « faire plaisir », pour se « sentir utile » ne donne aucune indication sur l’activation de leur libre arbitre. Les femmes sont conditionnées à servir les intérêts du pouvoir patriarcal. Les personnes soumises et fragiles pratiquent la « servitude volontaire ».
On trouvera toujours des masos pour dirent qu’ils aiment ça, des prostituées pour dire qu’elles aiment leur métier, des drogués pour dire que se shouter leur fait du bien, des fumeurs pour affirmer que le tabac les délasse, des femmes battues pour dire que leur mari est gentil et qu’il ne le fait pas exprès parce qu’il les aime, des concubines pour dire que la polygamie leur permet de partager les lourdes tâches d’une maisonnée, des esclaves pour dire qu’ils ont la sécurité du gîte, du couvert et de la protection du maître, etc.
Il faut bien avoir à l’esprit que la procréation artificielle, sous toutes ses formes, est un business extrêmement lucratif pour les laboratoires et les médecins. Et si une loi entérinait la location d’utérus, la sécurité sociale rembourserait un protocole très coûteux et donc très rentable pour le professeur Olivennes et consorts.
Ensuite, la sécurité sociale rembourserait les soins des femmes porteuses qui auraient des troubles hormonaux et spychologiques, ceux des familles d’accueil qui auraient du mal à gérer leur filiation et celle des enfants susceptibles de suivre de longues psychothérapies pour parvenir à vivre avec le mystère de leur conception et leur abandon à la naissance par leur mère hospitalière.
Par ailleurs, si la location d’utérus était légalisée, il n’y aurait plus de raisons d’améliorer les possibilités d’adoption qui est tellement difficile aujourd’hui et qui a le mérite de donner de l’amour et du bien-être à des enfants déjà nés, abandonnés ou orphelins.