Mon article ne tend pas à dire que Bayrou sera le nouveau président de la République ou même qu’il sera au second tour. Il cherche à poser quelques éléments d’analyse pour nuancer un peu les enterrements politiques de lendemain d’élections. Effectivement, il y a beaucoup de facteurs qui peuvent influencer l’avenir du politique en France. Sur l’abstention massive, elle a toujours été le point faible des élections européennes, l’absence de véritable campagne y est aussi pour beaucoup. Nul doute que sur une élection nationale en contexte social difficile l’électorat sera au rendez-vous. Peut-être pas là où les analystes l’attendent.
Quant au cocktail du marketing politique, il est la règle du monde politique. Hors mis des contextes particuliers, la conquête du pouvoir s’est toujours fait par la fabrication de produits politiques et des OPA idéologiques. Mitterrand et l’aile gauche, Chirac et le centre gauche, Sarkozy et l’aile droite et l’électorat populaire. L’accès au pouvoir politique nécessite de construire un « produit » convaincant. On peut le regretter mais c’est hélas la vie du politique. L’autre alternative est de jouer sur les rapports de force électoraux en l’absence de « produit » clair. C’est ce qu’a fait Chirac en 2002 ou George Bush fils en pleine guerre D’Irak.