C’est marrant que tu en parles... J’avais écrit un petit truc à ce sujet mais il n’est pas passé, au motif qu’il n’apportait rien de nouveau.
J’en profite donc pour vous l’imposer...
Tout d’abord, que fut le World Trade Center ?
Ce fut un ensemble d’immeubles de bureaux construits à Manhattan. Le
besoin de nouveaux espaces était tel que dès 1946, il fut décidé de
concevoir un groupe d’immeubles destinés à l’activité économique. Le
projet patina un temps, dut quitter le site originellement choisi et ce
n’est qu’ en 1960 que les premiers plans furent dressés. Le projet
était alors sous l’égide du Port de New York, un organisme public
cogéré par les Etats de New York et du New Jersey. Le projet traina
encore un peu, car les occupants du site choisi furent exigeant quand
aux conditions de leur déménagement. Mais en 1964, les plans définitifs
furent rendus public. Les travaux débutèrent en 1966 et s’achevèrent en
1972, pour une inauguration officielle l’année suivante.
Las, l’ouverture des bureaux à la location intervint au moment du
premier choc pétrolier. La clientèle prévue ne se bouscula pas au
portillon et les immeubles abritèrent les premières années les services
gouvernementaux.
La renommée du site se dévelloppa tout de même. La proximité de Wall
Street fit que de nombreuses firmes financières choisirent de s’y
installer, contribuant à l’essor du site.
En 1998 cependant, le Port de New York décida de privatiser le complexe
afin de réduire les dépenses publiques. Il fut acheté en Juillet 2001
par Larry Silvestein, un riche investisseur, qui était deja
propriétaire d’un immeuble en bordure du complexe. La transaction
effectuée, l’immeuble en question fut rebaptisé WTC 7. Larry eut la
présence d’esprit de ne pas négliger d’assurer son nouvel ensemble,
bien que tous les contrats n’aient pas tous été finalisés le 11
septembre, jour de la destruction du complexe.
Comment furent conçues les tours ?
Les tours 1 et 2 étaient baties selon le même principe, le prismatisme.
Un concept révolutionnaire pour l’époque, qui permettait de contruire
de hautes structures en un temps record. Autour d’un noyau central en
béton, les étages avaient une structure en treillis et le plancher
était fait de béton armé, qui prenait appui sur les poutres
extérieures. On avait alors pour résultat une structure à la fois
légère, stable et rigide, ou les forces étaient équitablement
réparties, ce qui garantissait la solidité de l’ensemble.
Une fois construites, les tours furent vendues comme étant très sûres.
Le noyau central (ou se trouvait les ascenseurs et les escaliers)
portait 60 % de la charge et les poutres extérieures 40 %. Mais elles
avaient été conçues pour pallier à un éventuel impact aérien. Les
poutres restantes ainsi que celles du noyau central devaient alors
supporter la surcharge.
Construites à la fin des années 60, les tours devaient résister à
l’impact d’un boeing 707 à pleine charge, soit un peu plus de 100
tonnes.
Bien entendu, les risques d’incendies étaient aussi prévus. Le béton et
le métal des tours étaient entourés de produits ignifuges. Mais même
les plus performants de ces isolants ont leurs limites. Ces mousses
n’ont d’ailleurs pas une durée de protection illimitée. Elles doivent
permettre à la structure de résister le temps que les pompiers
interviennent. La législation prévoit un temps minimum de deux heures
de protection, ce qui est semble t-il suffisant.
Le problème, c’est que le temps ayant passé, les 707 qui avaient servis
d’étalon pour la protection avaient été remplacés par des avions bien
plus massifs.
Et surtout, la protection incendie allait se montrer défaillante à plus d’un titre.
La journée du 11 septembre 2001
Le 11 septembre, les tours furent frappées chacune par un avion de ligne détournés et jetés volontairement sur les immeubles.
A 8 h 46 (heure locale), un 767 heurta la première tour de plein fouet.
Sa masse était d’environ 180 à 200 tonnes. Le double d’un 707.
A 9 h 03, alors que les caméras du monde entier (en tout cas celles de
CNN et des autres grands networks...) filmaient l’incendie du premier
impact, la tour sud fut frappée à son tour, en direct. L’avion était
également un 767.
La tour sud s’effondra la première, à 9 h 59. La tour nord suivit une demi-heure après.
Les immeubles voisins subirent les ondes de choc des effondrement,
ainsi que les impacts des débris projetés lors des crashs des avions.
Jugés irréparrables, les batiments furent démolis dans les mois qui
suivirent. La tour 7 n’eut pas une telle longévité car elle s’effondra
en fin d’après midi ce même 11 septembre.
La chute des tours fut rapide. Très rapide. Certains disent même trop rapide.
Diverses théories ont été échaffaudées pour expliquer l’effondrement de ces structures censées résister à un crash aérien.
Si on excepte les tenants de la théorie des explosifs, tous les
architectes et les ingénieurs sont d’accord sur le fil général des
événements.
La tour encaisse l’impact. L’avion pénètre dans l’immeuble en
détruisant une partie des piliers extérieurs et atteint le noyau
central qui est en partie détruit. Pourtant, l’immeuble ne s’effondre
pas immédiatement.
La raison en est sa structure : les piliers détruits sont compensés par
ceux restés intacts, qui jouent leur rôle tout comme il avait été prévu
dès le départ.
Hélas, le choc a aussi pulvérisé une partie des protections incendies,
et le feu démarré au kérosène se poursuit et s’entretient avec les
combustibles (bois, papiers, plastiques et autres) présents sur place.
Ce feu atteint une température de 250 à 500 degrés selon les experts et
les pompiers. C’est insuffisant pour faire fondre les piliers restant,
mais assez pour leur faire perdre de la rigidité, d’autant plus
rapidement que les piliers restant doivent supporter une charge
supérieure. Et moins un pilier est rigide, moins il peut supporter de
poids.
Les pompiers eux, ne peuvent accéder au coeur de l’incendie : les
escaliers sont détruits. La tour est beaucoup trop haute pour y accéder
de l’extérieur, et les systèmes anti-incendie automatiques ont été
pulvérisés par l’impact de l’avion. Le feu est donc libre de se
répandre, tant qu’il y a des carburants.
Amollis par la chaleur, les piliers du coeur restant finissent donc par
lacher, entrainant les planchers solidaires de béton armé. L’avion
ayant heurté l’immeuble au niveau du 92è étage, ce sont donc
l’équivalent de plus de 20 étages qui se mettent à tomber sur le reste
de la tour. La force de gravité fait le reste et en quelques secondes,
il ne reste plus rien du château de cartes.
Le cas de la tour numéro 7
La tour numéro 7 est un cas à part du complexe. Parce que au départ, l’immeuble n’en faisait pas partie...
L’immeuble était propriété de Larry Silvestein. Quand ce dernier
racheta le WTC, l’immeuble fut rebaptisé et intégré administrativement
à l’ensemble.
Sa conception était aussi différente. L’immeuble remplaçait un batiment
plus ancien dont il reprenait une partie des fondations. Ce qui
expliquait la répartition étrange des piliers des fondations.
L’immeuble abritait de nombreux services étatiques, ainsi qu’une partie
de divers organismes qui composent les services secrets (!) américains.
Pour cette raison, le batiment possédait ses propres groupes
électrogènes, ainsi que des réserves de carburant pour les faire
fonctionner.
Le 11 septembre, aucun avion ne heurta cet immeuble. Mais sa proximité
avec la tour nord et le fait que la tour 6 du complexe n’était qu’un
petit immeuble de 7 étages fit qu’il fut heurté par des débris
incandescents de l’impact du premier avion. La structure fut fragilisée
par le choc, puis les incendies qui s’y déclenchèrent. Constatant, en
accord avec les pompiers de New York, que l’immeuble était perdu, le
propriétaire accepta de faire retirer les derniers hommes du feu et de
laisser le batiment à son sort. Le 7 WTC s’effondre en fin d’après-midi.
Le Culte du Complot
Avec tous les services sensibles présents au sein du 7 WTC, il n’est au
final pas vraiment étonnant que beaucoup de questions restent encore
sans réponses au sujet de son effondrement. La théorie actuelle de
l’incendie et du choc qui a miné les structures d’un immeuble aux
fondations peu conventionnelles est tout de même acceptée de la
quasi-totalité des cabinets d’architectures, qui ne voient rien
d’anormal dans le déroulement de la catastrophe.
Mais le culte du secret est aussi un terreau dont se délectent les
conspirationnistes, pour qui rien ou presque n’est vrai dans la Version
Officielle.
Il est vrai que les questions abondent. Et que des reponses sont parfois rares ou semblent tirées par les cheveux.
Ainsi le gros du bataillon des conspirationnistes est convaincu que les
trois batiments, ou en tout cas un des trois, ont ou a été détruit de
façon volontaire, avec des explosifs.
Pour les tours 1 et 2, les comploteurs s’appuient sur le fait qu’
aucune enquête n’a été dilligentée pour trouver des traces d’explosifs,
ainsi que le veut la procédure criminelle américaine.
C’est un point exact. Mais comme je l’ai signalé dans un post
précédent, ces deux immeubles ont été heurtés par un avion chacun. La
théorie comme quoi les enqueteurs ont délibérément omis de rechercher
des explosifs pour la bonne et simple raison qu’ils estimaient d’office
que le choc puis les incendies étaient la cause première de la
destruction me semble valable. D’un point de vue procédurier fautif,
mais logique. Un policier qui voit un homme se faire abattre par une
arme a feu ne va pas chercher sur la victime des traces de noyade.
En ce qui concerne la tour 7 (ainsi que pour certains, les tours 1 et 2), le problème est différent.
Les comploteurs s’appuient sur deux points. La chute rapide de
l’immeuble, qui ressemble à ce qui se produit lors d’une démolition
controlée, et une enquête indépendante qui affirme trouver des traces
de thermite (ou de thermate, ce point n’est pas définitif comme vous le
verrez après.).
Leur hypothèse de base est que la tour 7 a été rasée volontairement par
les services américains afin de détruire facilement et rapidement des
preuves montrant que le gouvernement de l’époque SAVAIT qu’un attentat
de grande ampleur allait se produire (le Laisser-faire), ou que le
gouvernement américain AVAIT programmé l’attentat (Théorie du Travail
Intérieur).
L’apparente destruction contrôlée servant bien entendu de preuve. Ces images en feraient foi :
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&...
Bien entendu, les complotistes laissent de nombreuses questions gênantes sans réponses.
Par exemple, comment les explosifs auraient pu être mis en place,
sachant qu’une démolition controlée nécessite des semaines, voire des
mois de travail de sape et de minage. Et même si l’immeuble appartenait
à des services secrets, comment garder discrets des travaux très
bruyants et nécessitant du matériel assez lourd ? Ce point n’est jamais
dévelloppé.
Cette preuve est, malheureusement pour les complotistes, réfutée par les images qui suivent :
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&...
Cette vidéo montre les dégats subis par le 7 WTC lors de la chute de la
Tour Nord. On peut également y voir les images des incendies qui y ont
fait rage. On voit également la chute d’un autre angle, qui montre que
loin d’être une démolition controlée, le 7WTC se brise en fait en
deux : la façade avant et le toit-penthouse chutent en premier, suivis
par le restant de l’immeuble deux secondes plus tard.
Le second point, qui a relancé la thèse du complot, serait la présence
d’un explosif, la thermite, dont des résidus auraient été découverts
dans les poussières du 7 WTC.
Premier point faux, la thermite n’est pas un explosif à la base. C’est
ce que les ingénieurs appellent un incendiaire. C’est un mélange de
poudre d’aluminium et d’oxyde de fer. Incendié, le mélange réagit très
fortement en atteignant une température de 2500 degrés. Le mélange est
utilisé pour percer des poutres métalliques, ou bien pour souder.
Une variante de la thermite, la nanothermite, utilise une poudre plus
finement moulue. La réaction n’en est que plus intense et violente. Son
coût est apparemment très très élevé et elle n’est pas utilisée dans
l’industrie. Par contre, c’est un excellent carburant solide pour
fusées d’appoint.
Une autre variante de la thermite, la thermate, est composée de deux
tiers de thermite et d’un tiers de nitrate de baryum et d’un peu de
soufre. Le mélange a pour but de catalyser la réaction chimique de
façon plus efficace.
Steven E. Jones a relancé la théorie du complot en prétendant avoir
trouvé des résidus issus de thermite qui n’a pas réagi. Son article a
été publié dans une revue danoise mais pour le moment, aucun grand
journal tels que « Science » ou « Nature », les bibles du milieu
scientifique, ne s’en font l’écho.
Outre le fait que Jones est connu pour certaines positions plus que
controversées (tels que la défense de l’existence d’une forme de fusion froide ou la visite de
Jésus chez les Mayas), ses analyses sont très discutées car ses
expériences ont de sérieuses failles procédurales, et ses conclusions
apparaissent comme très peu concluantes.
Ainsi, pour justifier la présence de thermite, il argue de la présence
de fer, de chrome et d’aluminium dans les poussières. Il ne doit pas
savoir que l’acier, qui était abondant dans les tours, est composé de
fer, de carbone, mais aussi de chrome et d’aluminium. Par charité, je n’évoquerai pas non plus le fait que la carlingue des avions comporte une part importante d’aluminium.
Il se base également sur la présence de soufre. Mais le soufre est un composant du gypse, que l’on retrouve dans le plâtre. Plâtre qui a tartiné tous les murs des Tours.
Le lecteur curieux en saura plus en cliquant sur ce lien : http://www.bastison.net
Plus précisément dans la rubrique « l’alchimie du complot », ou les failles de raisonnement de Jones y sont détaillées.
On voit donc qu’en ce qui concerne les tours du World Trade Center,
nulle mauvaise magie républicaine n’est nécessaire pour expliquer la
destruction du complexe. On peut bien entendu déplorer l’usage qui fut
fait de l’événement par la suite, mais cela ne remet pas en cause la
version actuelle du cours des événements.
Dans un prochain post, nous verrons ce qu’il en est des autres
événements qui se produisirent également ce jour-là, à savoir l’attaque
sur le Pentagone et ce qui advint du quatrième avion détourné ce
jour-là.