Allain Jules, j’ai des contacts très soutenus avec l’Iran, pour des raisons personnelles surtout, et dans une moindre mesure avec certains membres de feu « Tudeh ».
Il y a eu fraude, tout le monde le dit, tout le monde le sait, je parle ici quand je précise « tout le monde » de l’Iran et non de l’Europe qui elle reste très prudente, et à raison, trop d’ingérence pourrait nuire aux efforts fournis par le peuple Iranien. (car ils sont fiers, ces cons d’iraniens, si on se mêle trop de leurs affaires, ils pourraient se retrouver demain à soutenir des conservateurs, tout ca parce que ceux-ci sont iraniens. J’exagère, hein, mais on se comprend.)
Contrairement à ce que prétend Legus un peu plus haut, cela ne joue aucun rôle que la fraude ait eu pour objet 50 000 ou deux millions de vote. Il y a eu fraude, et la question est de savoir pourquoi un candidat a bénéficié de celle-ci. Le pouvoir s’essouflerait-il ? Y aurait-il une lassitude dans la population ? Si cela est le cas, et cela pourrait très franchement l’être,
Ahmadinedjad fait figure de garant du statu quo, au contraire de Moussavi. Et la fraude pourrait non pas porter sur le maintien en place d’un candidat ultra-conservateur à la con et un peu ridicule (rappelons que le conseil des gardiens de la Révolution a bien dit, après les sorties d’Ahmadinejad sur la Shoah, « Laissez-le parler, il raconte que des conneries, l’Histoire c’est l’Histoire ») mais sur le régime dans son ensemble. Et c’est cela que le peuple a bien compris. Le mensonge et la tricherie annoncent la peur du régime. Ils en profitent.
Mais Moussavi n’est pas soutenu, contrairement à ce que sous-entend l’auteur de ce billet, par la population. Ce type est certes une alternative grâce à laquelle des changements pourraient avoir lieu dans la société iranienne, il est surtout l’ancien premier ministre lors de la période 80/89. Il a conduit à la potence des milliers d’opposants politiques et fait figure aujourd’hui encore dans certains cercles de tortionnaire.
C’est pas un mec à la cool.
Sa non-élection et les manifestations relatives à celle-ci ne sont qu’un paravent pour la rue actuelle en Iran qui manifeste contre les Mollahs. Contre Ahmadinedjad, contre Moussavi, contre cette théocratie qui a cours depuis trente ans, qui a plongé le pays dans un obscurantisme relatif (oui, relatif, c’est l’Iran quand même, avant de sombrer dans l’obscurantisme total, les Akkadiens auront ressuscité et feront du commerce avec les Hittites en mer de Chine).
J’étais avant-hier dans une manifestation de soutien au « peuple iranien » (désolé pour l’expression) à Berlin. Le nom de Moussavi n’est pas tombé une seule fois. En Iran, celui-ci tombe forcément, on peut-être dans ce pays contre une personne, ou un courant, on ne peut pas en revanche exprimer sa haine ou son mépris du régime dans son ensemble.
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