@ l’auteur
la dossier de la restitution des frises et métopes du Parthénon est à la fois brûlant diplomatiquement et crucial pour l’avenir des collections muséales de par le monde.
1ere question : A qui appartiennent de droit les marbres provenant du Parthénon ? Rien que cette question provoque des discussions sans fin. A l’époque, la Grèce est sous domination ottomane. Lord Elgin a-t-il eu les autorisations officielles de Constantinople pour ramener ces oeuvres à Londres ? Y-a-t-il eu vol ou non ? L’état grec peut-il contester une décision juridique prise par un état en charge à l’époque de son territoire ?
2eme question : Les musées du monde entier sont remplis d’oeuvres venues de tous les coins de la terre. La diffusion de ces oeuvres est une condition sine qua non pour la compréhension, par les visiteurs, des cultures lointaines. Exemple : tous les japonais ne pourront pas venir en France. En revanche, ils peuvent aller dans un musée de Tokyo pour admirer les peintures impressionnistes, la sculpture française etc. Que chaque pays exige le retour de ses « oeuvres nationales » et c’en est fini de l’idée même de musée universel. Nous n’aurons à proximité de notre lieu de vie que ce que nous connaissons déjà. Comment dans ce cas apprendre à connaitre l’autre ?
Ces questions, à mon avis, priment sur le désir - légitime sans doute - de voir revenir les chefs d’oeuvre à Athènes. J’ai visité la ville l’année dernière, j’ai eu la chance de pouvoir entrer dans le nouveau musée de l’Acropole, alors en cours d’installation. Sans avoir pu voir la salle prévue pour ces marbres, le projet présenté est impressionnant et le bâtiment en lui même vaut le détour. Et si mon coeur me pousse à soutenir le retour des métopes et frises du Parthénon sur leur lieu de naissance, je reste cependant très prudent sur les conséquences d’une telle décision.
En revanche, je suis un partisan convaincu du projet qui vise à regrouper les différents fragments de ces oeuvres en un seul lieu. Il est aberrant d’avoir une frise à Londres, le bras d’un personnage à Athènes, une tête à Copenhague etc. Ces oeuvres, gravement endommagées par le temps et la folie des hommes, doivent autant que faire ce peut, retrouver leur intégrité. A ce moment là, on pourra se poser la question de savoir où elles iront en définitive.
Manuel Atréide