Que les vestiges de Chassey-le-Camp vous fassent deviner une cité néolithique aux formes proches de l’Eduie de l’Age du Fer ne me paraît pas aberrant. Les métaux ont certes apporté des améliorations dans différents domaines mais ils n’ont pas révolutionné les transports. Il ne serait donc pas surprenant qu’une cité chasséenne ait à peu près les mêmes dimensions que ses descendantes des millénnaires suivants.
Etait-elle celte ? Comme je l’ai expliqué précédemment, la culture matérielle qui semble avoir été le plus à même de diffuser les langues celtiques est le Campaniforme vers -2600 donc postérieure au Chasséen. Il n’en demeure pas moins que de très nombreux trais culturels ont dû subsister. On peut se demander par exemple à quand remonte la fameuse réunion des druides en pays carnute ou encore si l’enseignement reçu en Grande-Bretagne contenait des notions remontant à l’époque de Stone-Henge.
On ignore dans quelle région est né le phénomène campaniforme (ce qui explique peut-être aussi le succès de cette théorie). Pourquoi pas en Bourgogne ? La région se trouve en plein milieu.
Pour autant, à l’époque de Pindare et Hérodote, le terme « celte » dont on peut raisonnablement penser qu’il a été diffusé en même temps que les langues du même nom, devait déjà se retrouver un peu partout en Europe. Vanceslas Kruta rapproche les Kinesioi d’Hérodote avec le Cuneus Ager (à proximité du Cap-Saint-Vincent) de Strabon. Leurs voisins celtes qui vivaient à l’Est pouvaient très bien être ceux d’Espagne.