Pour avoir une idée de cette fameuse Selmer, jouée par Crolla, il y a un enregistrement de 1946, dans lequel Crolla ouvre la session par un solo de 30 secondes, plusieurs points essentiels :
- la rondeur du son alors que pas mal d’enregistrements ferraillent à cette époque
- le langage musical de Crolla épuré, limpide, qui se démarque de toutes les imitations type manouche. Et qui prouve que Crolla n’a pas attendu Jim Raney pour épurer
- le son acoustique de cette Selmer très moderne par rapport à tout ce qui s’entendait, à cette époque. (Django explorera cette voie dans son dernier enregistrement)
Cet enregistrement a été repris dans la collection Saga Jazz 59 « Jazz à la gitane vol 2, plage 19 »Minor blues," en 1946, il faisait partie des jam sessions Delaunay, réunissant les meilleurs jazzmen français, pour être diffusés aux USA. Dans cette jam session n°4, conduite par Chauliac, il y a Hubert Rostaing, Alex Renard, Lucien Philip, Arthur Motta, Harry Perret et Toto Grasset. Dans ces 30 secondes de solo guitare en intro, on entend à quel point Crolla et sa Selmer étaient des précurseurs dans un jazz qui évoluait après la révolution Be-Bop