Bon, puisqu’il faut trancher, allons-y.
Tout le monde sera d’accord pour dire que ces chapiteaux et l’art latènien sont en grande partie d’inspiration proche-orientale. Tout le monde reconnaîtra également que la Gaule a subi une grande influence orientalisante au sixième siècle av. J.C. Les plus fameux exemples sont les vase de Vix, le chaudron d’Hochdorf ou l’hydrie de Grachwil.
Le premier, d’inspiration grecque, ne semble pas voir laissé de traces dans nos « églises ». Emile Mourey l’attribue à Gergovie. La ressemblance avec les chapiteaux du Crest n’étant pas flagrante, on peut supposer sans trop risquer de se tromper que les sculptures du temple sont postérieures au vase d’au moins un ou deux siècles.
Par contre, entre le chaudron de Hochdorf, l’hydrie de Grachwil et les temples de Mont-Saint-Vincent et de Gourdon, il y a clairement un air de famille : lions, oiseaux, serpents, plantes géométriques stylisées... Un vrai bestiaire phénicien ! La Phénicie, parlons-en justement. Elle et l’ensemble de Canaan subissent à cette époque de plein fouet la vindicte babylonienne. Jérusalem est notamment détruite en -597, Tyr aurait subi un siège de 13 ans. Ces premiers temples gaulois auraient-ils pu être construits par des architectes levantins réfugiés en Gaule et dans le pays éduen en particulier ?