Il y a un christ sur le tympan du portail sud mais il a l’air d’avoir été rajouté plus tard.
Cette absence de représentation de Jésus-Christ signifierait que contrairement à leurs homologues de la Mer Morte (Jean-Baptiste) et de Beth-Saïd (Jean l’apôtre), la diaspora asmonéenne « Jean » réfugiée en Gaule n’avait pas reconnu Jésus de Nazareth comme le messie d’Israël et attendait toujours son sauveur au 5ème siècle ?
Il y a une autre explication plausible. J’avais écrit dans un commentaire précédent qu’il était remarquable que cette basilique ne se trouve pas au sommet de la butte de Clermont là où se dresse actuellement la cathédrale construite plus tard ; mais légèrement en contrebas. Cet emplacement subalterne signifie qu’il devait y avoir un lieu de culte très important au sommet de la butte (la statue de Zénodore ?) et que l’empereur n’a pas osé le détruire. Cela confirme votre thèse d’une Auvergne encore très partiellement évangélisée à cette époque. Avitus a agi habilement. Il n’a pas « balancé » à la figure de son peuple un dieu nouveau placé sur un tympan somptueux et concurrençant frontalement la statue de Zénodore et les cultes anciens. Le risque de rejet était trop fort. Astucieusement, il place son temple un peu à l’écart et ne montre que la gestation du christ, laissant à chacun la liberté de le faire naître dans son imagination. Le mystère a toujours plus attiré l’Etre-Humain que la contrainte.