Bonjour Bernard Dugué, j’attendais votre article, merci. Vous couvrez un domaine remarquable.
Une petite remarque, « beaucoup d’antibiotiques agissent sur le ribosome bactérien », je dirais plutôt : certaines familles d’antibiotiques agissent sur le ribosome bactérien, exemple les aminosides aminocyclitols ou ASAC ...Ce n’est pas le cas des pénicillines ou céphalosporines, par exemple. Bon, trève de bavardages.
Pour moi, ce qui est fabuleux c’est d’avoir atteint ce niveau de résolution pour cette structure gigantesque qui constitue la « tête de lecture » du « film » ARN messager. Je suis tout à fait d’accord avec vous, ces travaux vont beaucoup plus loin que la molle présentaton de la « presse française ». C’est fascinant.
Je souhaiterais souligner ici l’importance capitale d’une technique connue depuis un certain temps : la cristallographie aux rayons X qui a permis de déterminer la structure fine de milliers de molécules et apporter ainsi une confirmation formidable aux « échafaudages moléculaires » de toutes sortes, y compris sortis de l’esprit des chimistes les plus créatifs (voir Jean-Marie Lehn, Nobel 1987, par exemple).
Parmi les grands noms de la cristallographie appliquée aux substances naturelles il faut citer Dorothy Hodgkin d’Oxford (Nobel 1964) (cholestérol, penicilline, vitamine B12...), une femme largement au niveau de Marie Curie, y compris dans son engagement social.
Enfin, les élucidations de structures énormes (amas de protéines...) ces temps-ci sont liées à l’utilisation du rayonnement synchrotron comme source hyperpuissante de rayons X et bien sûr aux énormes possibilités des gros calculateurs. On peut mettre en comparaison la décision récente (novembre 2008 ?) de rogner les crédits du projet « Soleil » à Saclay qui a pour objet l’utilisation du rayonnement synchrotron (nouvelle génération) dans diverses applications dont la biologie. Le Maître aux 6 cerveaux a tranché (ou ses sbires) !!