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Voltaire 18 novembre 2006 10:41
Voltaire

Je partage le sentiment d’un certain nombre d’intervenants sur ce fil :

François Bayrou n’a pas été aussi bon lors de cette émission que l’on aurait pu s’attendre. Son erreur a sans doute d’avoir essayer d’affronter Jean-Marie le Pen sur son terrain, celui de l’idéologie, plutôt que de l’amener sur celui qui fait la force de Bayrou, des propositions qui dépassent les clivages.

C’est d’ailleurs sur ce sujet que Bayrou a marqué des points : sa réponse au restaurateur en forme de proposition sur la possibilité de création de deux emplois sans charges pour toutes les entreprises été très convaincante.

Bon point aussi sur l’Europe, quand Bayrou réaffirme qu’il lui parait impossible de régler un certain nombre de grands problèmes à l’échelle strictement nationale, Le Pen reconnaisant d’ailleurs assez élégament leurs différences sur ce sujet, mais j’ai cru percevoir que l’argument portait même sur Le Pen.

Un dernier bon point sur l’attitude générale de Bayrou envers les « gens du peuple » invités : il était le seul à vaiment s’intéresser à eux et à les écouter, plutôt que d’avoir l’attitude de certitude classique des politiques.

Mais il a manqué de percussion sur d’autres sujets alors qu’il avait pourtant dans sa besace beaucoup de propositions concrètes qu’il aurait pu/dû faire valoir.

Côté Le Pen, il ne s’est pas trop mal sorti de l’exercice, même s’il ne l’a pas franchement emporté non plus, ce qu’il aurait sans doute fait il y a quelques années.

Face à ses contradictions, il a pu faire l’anguille et asséner quelques éléments de sa vision avec une certaine cohérence. Cependant, son âge se voit et se fait sentir, même si son électorat y est peu sensible. Son principal handicap est d’avoir conservé une vision des remèdes digne des années 50-60 alors que la société a changé en profondeur.

Arnaud Montebourg et Patrick Devedjan ont été moyen, pas grand chose à dire. A. Montebourg s’est efforcé de mettre en avant le projet de S. Royal, de façon assez peu convaincante, et P. Devedjan a tenté de mettre F. Bayrou dans les cordes sans y parvenir. L’un et l’autre ont essayé de défendre leur poulain, mais cela manquait de fraicheur.

Pour conclure, je pense que ce débat a été une occasion manquée pour François Bayrou de prendre un ascendant net, mais il a pu néanmoins confirmer sa droiture, ce qui n’est pas si mal. Le Pen n’aura pas perdu d’électeurs lors de ce débat non plus, je penche donc pour un match nul.

La force de Bayrou est dans son projet, nouveau, de société et de gouvernance, il faudra qu’il l’exprime de façon plus convaincante, quant à Le Pen, c’est justement son point faible qu’il s’efforcera toujours de cacher.



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